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jeudi 26 juillet 2012

4 étoiles

Retrouvez ici les films qui ont obtenu la plus haute note de 4/4 selon Noir Amer. Du plus récent au plus ancien.



Le Loup de Wall Street

Le Loup de Wall Street est la cinquième collaboration entre Scorsese et Leonardo DiCaprio, presque douze ans après Gangs of New York, en 2002. L'acteur fétiche qui a pris la place de De Niro auprès du maître cinéaste a à chaque fois démontré l'étendue de son talent et n'a jamais déçu, prouvant sans cesse qu'il progressait constamment et savait s'adapter aux différents univers dans lesquels il devait composer. Or, si Scorsese a à de nombreuses fois narré des histoires prenant place dans tous les milieux mafieux possibles et imaginables, de toute époque et avec des trafics correspondant aux besoins du moment, il s'aventure ici dans un genre moins connu pour lui, celui des gangsters en col blanc. Le film est concentré sur la vie professionnelle de Jordan Belfort, interprété donc par un DiCaprio au meilleur de sa forme. Le prometteur jeune homme issu de la classe moyenne américaine a de grandes ambitions et un talent inné pour la communication. Il saura en faire usage pour grimper les marches de la pyramide du succès, amassant des millions de dollars de façon plus que douteuse, pour lui permettre de vivre une vie d'excès en tout genre ; sexe, drogue, luxe et pouvoir. J'ai découvert un nouveau Scorsese capable de filmer des séquences "tarantinesques", à savoir des dialogues variants entre le sérieux le plus total et l'absurde, avec un immense potentiel comique. En ce sens, le déjeuner que DiCaprio passe avec Matthew McConaughey est une perle de cinéma jouissive au possible. Le film réussit aussi parfaitement à traiter de la finance en vulgarisant le sujet exactement comme de nécessaire pour apporter suffisamment de détails et ne pas perdre le spectateur. Amoral au possible, c'est une critique ouverte du capitalisme à tout prix prôné outre-atlantique qui nous est offerte ici, avec toute fois le dérangeant sentiment que l'on ne ferait pas différemment à la place de Léo. Son bras droit dans le film est interprété par le génial Jonah Hill, qui évolue ici dans une atmosphère idéale pour lui, lui permettant de jongler entre émotivité, colère et bromance, avec toujours un potentiel comique hors du commun. Tout ceci est jubilatoire, même si cela peut choquer quelque peu. Mais après tout, comme le dit lui-même le personnage, l'argent qu'il prend à ses victimes aurait de toute façon été dépensé n'importe comment, pas vrai ? Alors pourquoi serait-il mal qu'il termine dans sa poche, car lui saura quoi en faire, comme les trois heures de film vont échouer à le démontrer. Captivant, drôle, critique, inquiétant, voilà ce qu'est ce nouveau bijou du maître Scorsese, véritable fresque déjantée du monde de la finance. Un chef d’œuvre, une réussite totale qui, comme un symbole, nous est arrivé comme un cadeau le 25 décembre.



Django Unchained

Un nouveau Tarantino à l'affiche est toujours un évènement sans nul autre équivalent dans le monde du cinéma. Il faut dire qu'il constitue, avec un mec comme Tim Burton, l'un des réalisateurs au monde qui a une vraie "patte" reconnaissable parmi des milliers (exception faite des son compère Robert Rodriguez peut-être). Seulement, un bon film n'est jamais autant apprécié que lorsque l'on doute de sa qualité au moment d'entrer dans la salle ; c'était le cas avec Django. Tanrantino, c'est d'un côté Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown et Kill Bill entre 1992 et 2004. Seulement, c'est aussi Le Boulevard de la Mort et Inglourious Basterds de 2007 à 2009, deux films sympathiques mais pas du niveau du maître annoncé, surtout le dernier, nettement le moins bon de sa filmographie. Alors, sur la pente descendante Quentin ? Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qui fait sa force réside dans les "temps faibles" de ses films, entre deux fusillades. C'est là qu'il a marqué de son empreinte ses films : Samuel L.Jackson et Travolta parlant de massage des pieds, la drague directe et crue DeNiro / Fonda, les conversations pré-action de Kill Bill ou encore les élucubrations diverses des femmes du Boulevard... Cet aspect avait été délaissé et bien moins saisissant lors de la seconde guerre mondiale revisitée, et il fallait un retour à un très haut niveau sur ce point précis pour retrouver du bon Tarantino. Quand les premières images défilent, on assiste directement à un Christopher Waltz comme toujours excellent, mais qui ici porte le film et crève l'écran. Son accent germanique et sa diction accrochent votre attention sans aucun effort. Jamie Foxx, lui, contrairement à mes craintes, n'en fait pas trop et se contente de jouer ce qu'il sait faire et de rester en retrait face à ses excellents partenaires. Car en plus d'un Waltz tonitruant, on trouve un Samuel L. Jackson du feu de Dieu en valet exécrable d'un Léonardo DiCaprio qui joue son premier rôle de méchant avec beaucoup de talent. Durant les 2h45 de film, les deux compères principaux enchainent les objectifs à court terme, nous invitant dans leur entreprise et nous procurant un délicieux plaisir. Comme toujours, l'humour noir, la dérision et le sanguinolent sont au rendez-vous, tout cela savamment mélangé. Le racisme est justement traité sans relâche ni excès, et surtout avec honnêteté vis à vis de l'époque. Le final est grandiose et clôt la plus belle aventure cinématographique du début de 2013, magistralement mise en scène par un Tarantino au meilleur de sa forme. Le petit plus ? Une bande originale comme d'habitude aux petits oignons, avec des musiques tranchant avec l'époque, comme un rap de Rick Ross sur un travelling de paysage désertique traversé par une calèche.



Amour

Michael Haneke, c'est deux Palmes d'Or lors des quatre dernières années, une envergure de taille sur le cinéma et une poignée de films qui ont marqué les spectateurs. La dernière Palme d'Or en date, c'est donc Amour, dernier petit bijou créé par le germano-autrichien. Continuant à traiter des thèmes difficiles de forte manière, Haneke s'attaque ici à la fin de vie au sein d'un couple magnifiquement interprété par les brillants Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva. Le premier est sidérant de courage et de volonté et la seconde est touchante dans sa façon d'envisager sa fin. L'énergie et la communion entre ces deux personnes est plus forte que tout et laisse à réfléchir sur l'évolution des rapports humain durant le vingtième siècle. L'amour est plus fort que tout. On serait prêt à tout pour rester au près de l'être aimé. L'aggravation progressive et certaine de l'état de santé de la femme choque tout le monde mais pas le mari, pour qui la relation et le lien qu'il entretien avec elle dépassent haut la main ces obstacles. Quoi qu'il arrive, il sera là, toujours. La maladie le touche lui autant qu'elle. Les réactions des proches semblent or de propos, et pourtant, en y réfléchissant bien, on n'agirait pas différemment à leur place. L'impuissance face à une situation fatale est quelque chose que ce cinéaste adore montrer, et qu'il fait de la plus belle des manières. On est prisonnier, aux côtés des protagonistes, du sort. Le dénouement est amené de manière naturelle et logique, et est davantage vécu comme une preuve d'amour, comme une délivrance, qu'autre chose. Ce film est marquant et reste très longtemps dans les esprits, à l'instar des précédents films du réalisateur.



Polisse

Voilà un vent de fraîcheur ! Des épisodes de la vie d'une section de la police comme rarement on en a vus au cinéma. Où la tension, les sentiments, le devoir, la frustration, la fierté s'emparent des protagonistes à tour de rôle. Joeystarr est touchant de sincérité, Marina Foïs est saisissante dans un rôle où on ne l'attendait pas. Tout est juste sans jamais verser dans le tire-larme. Et l'on trouve également beaucoup de moments d'humour de très grande qualité. Bravo



Drive

Une œuvre qui réjouit tant les yeux que les oreilles. Visuellement, tout est magnifique, du choix des plans tous plus adéquats, originaux et splendides les uns que les autres, aux prestations des acteurs, impeccables. Que dire de Ryan Gosling ? Il est parfait, voilà tout. On tient là l'un des meilleurs acteurs de sa génération, qui s'est imposé comme un monstre du cinéma en une année. Dans Drive, il apparait tout en retenue, en finesse. Tout est dans l'attitude, les sourires, les regards, les mimiques. Cet acteur étincelant, nous avons la chance de le voir évoluer dans un Los Angeles que nous n'avons jamais vu de cette manière. En guise d'ouverture du film, vous pourrez voir "Prix de la mise en scène à Cannes", et vous mettrez moins de deux minutes à comprendre pourquoi. La séquence d'ouverture est grandiose, et vous plonge dans l'atmosphère douce amère et intense du film. Enfin, je ne peux terminer sans parler de la musique, envoutante et enivrante, qui tombe toujours à point nommé.


The Tree of Life

Je suis resté bouche bée et collé à mon siège de la première à la dernière seconde. On entre directement dans le film, et d'une manière on ne peut plus directe. Il ne nous faut pas plus de deux minutes pour être plongé au cœur du récit. Là, ce qui est frappant, c'est l'incroyable facilité apparente de narration. Tout le verbal superflu est éliminé. Les plans, tous plus originaux et réussis les uns que les autres, nous guident dans cette œuvre. Les séquences s'enchaînent doucement. Chacune d'entre elle est une leçon de cinéma. Malick a fait un film d'une intensité remarquable, en témoigne le Coca qui est resté par terre 2h16 et que je n'ai même pas pensé à boire. Les acteurs sont excellents, mais est-ce la peine de le souligner ? Un film sur l'amour, le rapport à la mort, la foi, la façon dont on se voit, dont on devient quelqu'un. Les enfants ont une force de caractère presque insoutenable. Je préviens tout le monde, ce film est difficile d'accès. Pour la boutade, la seule chose déplaisante de ce film est l'animation Europa Corp qui le précède.


Le Discours d'un Roi

La problématique est à peu de choses près la même que celle de The Green Hornet sorti récemment : la nature de la relation entre une personne de pouvoir et une autre sans titre mais d'une utilité vitale ; unies intimement dans un cadre historique qui plus est retranscrit finement. Pas de lourdeur, pas de tire-larmes, un humour impeccable et placé justement. Et enfin, des acteurs magistraux. Je regarde ma montre au moins 2 fois par film, pour me repérer chronologiquement dans le déroulé de l'histoire. Là, je n'y ai pas pensé.


Le Nom des Gens

Je reviens sur l'une des merveilles de 2010. Ce film, qui a illuminé le cinéma français lors de son passage en salle, nous offre l'un des duos d'acteurs les plus marquants du début du 21ème siècle. Car il faut le dire, le vrai plus de ce film est le talent dont font preuve ces deux protagonistes hors-normes. Le surplus d'énergie de Sara Forestier couplé à une inattention et à une capacité à faire des gaffes au-dessus de la moyenne, et le stoïcisme de Jacques Gamblin, son ouverture d'esprit et sa bonté naturelle forment un couple qui fait de très belles étincelles. Beaucoup de créativité et de très bonnes idées dans le scénario, riche mais qui ne part pas dans tous les sens. Humour fin et anti-conformiste autant qu'anti-populiste. Un vrai régal. Une vision du militantisme très singulière qui donnerait envie à n'importe quel ado boutonneux de se pencher un peu plus sur la vie politique française ! Un film à voir, ou à revoir.


The Social Network

Voilà donc le premier 4 de 2010. Evidemment, il est signé par l'un des meilleurs réalisateurs de ces dernières années. Sur la forme : photo parfaite, plans impeccables. Rien à redire, comme à l'habitude de Fincher. Le seul point critiquable, si on veut chipoter un peu, concerne les acteurs. L'acteur principal est convaincant mais pas excellent, on a vu Andrew Garfield meilleur et Justin Timberlake n'est pas un acteur et ça se voit. Sur le fond, il faut lui accorder tout mérite qui est le sien. En effet, faire un film sur le créateur de FB est loin d'être une chose aisée. Il ne faut pas s'éloigner trop des faits mais il faut aussi les relier en romançant. L'alchimie est parfaite.



Bright Star

Splendide de beauté. Une romance intense et triste. La force des sentiments est telle que nous sommes emportés par le courant entrainant ce cet amour passionné. Côté image, rien à redire là non plus. La beauté d'Abbie Cornish est saisissante, tandis que le regard Ben Winshaw est troublant.


 Démineurs


The Wrestler


Un Prophete


The Dark Knight



Harvey Milk



Boy A



Two Lovers



L'échange



Juno



L'Etrange Histoire de Benjamin Button



Les Infiltrés



Les Indestructibles



American Gangster



Munich



Les Poupées Russes



Kill Bill II



Kill Bill



Mystic River



Bowling for Columbine



A History of Violence



Monstres & Cie



Le Pianiste



Snatch, tu braques ou tu raques



Fight Club



Matrix



American History X



La Ligne Rouge



La Vie est Belle



Il Faut Sauver le Soldat Ryan



The Big Lebowski



Le Diner de Cons



Jackie Brown



Titanic

En une quinzaine d’années, le plus célèbre bateau du monde est devenu le plus célèbre film du monde. Ses deux acteurs vedettes, sur lesquels ont ne pariait pas forcement à l’époque sont devenus des mastodontes de l'industrie du cinéma. Cameron, lui, a créé une planète peuplée de bonhommes bleus, et truste désormais les deux premières places du box office historique mondial. Pour le centenaire du Titanic et de son tragique accident, les producteurs ont décidé de se faire plus de sous avec ce film qui n'avait pas rapporté tant que ça à l’époque, tant ses coûts de production étaient colossaux. Mais, au lieu de bâcler le travail ou de tout gâcher en en faisant trop, à l'instar de George Lucas, ici on a fait appel à Cameron himself pour qu'il supervise directement la refonte du film et des effets visuels. Et, mesdemoiselles, le résultat est bluffant. Pour un film qui n'a pas été tourné en 3D et qui date tout de même du vingtième siècle, il surpasse visuellement certains tournés en 3D l’année dernière. Les effets spéciaux, notamment les plans larges du bateau navigant sur l’océan, ont pris un petit coup de vieux, mais restent totalement regardables. La magie opère toujours, et on se plait à percevoir par moments les balbutiements du futur très grand Di Caprio, notamment lorsqu'il se retrouve invité à un diner de première classe. Winslet, elle, est méconnaissable, et s'est grandement améliorée, que ce soit dans le jeu ou tout simplement physiquement. A revoir sans hésiter !



Seven



Pulp Fiction



Forrest Gump



Un Monde Parfait



Jurassic Park



Alien 3



Terminator 2 : Judgment Day



Piege de Cristal



Robocop



Aliens, le retour



Retour Vers le Futur 1 & 2



Il était une fois en Amérique



Scarface



E.T.



Le Pere Noel est une Ordure



Les Bronzés font du Ski



Taxi Driver



Les Dents de la Mer

Les Dents de la Mer, à l'instar d'autres classiques ces derniers temps, revient dans les salles. Je dis oui à cette démarche, tant que le film a été remastérisé CORRECTEMENT (n'est-ce pas George Lucas ?). C'est fort heureusement le cas ici, où la pellicule d'origine n'a pas été dénaturée d'un cheveu. On se fait un plaisir de replonger dans une atmosphère estivale polluée par la peur de l'eau et de ses dangers. Les attaques filmées du point de vue du requin, qui ont fait école depuis, gardent toute leur intensité. Le film n'a pas pris une ride : chaque moment de tension est toujours aussi saisissant. On sourit de se remémorer le nombre de fois où ce chef d’œuvre a été repompé dans des films au résultat plus ou moins heureux... Enfin, la virée en mer de la fin du film restera à jamais du très grand cinéma. En ce temps-la, Spielberg était un réalisateur de génie qui ne faisait que très peu de faux-pas. Je ne m'attarde pas sur le film en lui-même que tout le monde doit déjà connaitre. Je vous laisse juste avec cette réplique mythique "We're gonna need a bigger boat". Tu veux pécho ? Alors emmène ta conquête estivale devant l'écran et sois prêt à la rassurer. Et tiens, pour te la jouer BG du 7-9, propose-lui un bain de minuit après la séance, elle verra que t'en as dans le froc.


Le Bon, la Brute et le Truand

mercredi 25 juillet 2012

The Hunter

Ça faisait longtemps que je n'avais plus vu un film où la nature joue un rôle essentiel comme cela. Willem Dafoe, toujours charismatique, nous transporte par sa prestation dans un monde de traque, de fouille, de pièges et de survie. Le voir évoluer dans la nature et l’accommoder selon ses besoins est fascinant. Les décors sont éblouissants. Le film prend son temps pour le meilleur, et le scénario se contente de nous dire que le chasseur doit trouver dans cette jungle un animal dont on doute qu'il existe encore. Pour quoi, pour qui, on ne sait pas vraiment, mais une chose est sure : il y a de la tension dans l'air. Cette tension monte en puissance pendant toute la durée du film, et est restituée à l'écran le plus efficacement possible. La relation entre le chasseur et la famille qui l'héberge est également un très joli moment de cinéma. La petite fille, elle, crève l'écran par son naturel, et il serait étonnant de ne pas la revoir au cinéma. Ce long-métrage est une expérience saisissante qu'il ne faut pas rater, avec son lot de sourires et de stupeurs, et une vraie intensité tout du long. Un des vrais jolis films de 2012.
MA NOTE : 3/4
 


mardi 24 juillet 2012

The Dark Knight Rises

"There's a storm coming Mister Wayne". La bande annonce était quasiment muette, et cette phrase nous faisait lécher nos babines d'envie et d'impatience. Ces quelques minutes projetées dès fin 2011 nous laissaient percevoir une mise en scène léchée dans laquelle on apercevait les futurs personnages principaux dont Selina Kyle, aka Catwoman, auteur de cette phrase. L'attente promettait d’être interminable, et elle était rendue encore plus forte par l'attribution du titre de meilleure bande annonce de 2011 au dernier volet de la trilogie. Christopher Nolan est un des cinq "génies" quadragénaires de la réalisation américaine. Avec Batman Begins, il avait lancé la trilogie dans une sorte d'atmosphere mystique mais ancrée dans le réel, rompant complètement avec la vision de Tim Burton. Le second volet, le chef d’œuvre The Dark Knight, magnifié par la prestation époustouflante de Heath Ledger, nous offrait une vision ultra réaliste et noire de la société occidentale actuelle plongée dans l'individualisme, ce que le Joker tentait de faire imploser par des moyens plus vicieux les uns que les autres. Il était donc normal que les attentes des spectateurs soient dès lors très haut placées. Le début de ce troisième volet nous place immédiatement dans la continuité du précédent, avec les funérailles d'Harvey Dent, dont le grand public ne connait que le bon coté. L'inspecteur Gordon, joué par un très juste Gary Oldman, est un des plus intéressants et mieux réussis de cet opus, tiraillé entre la volonté de dire qui était vraiment celui qui était devenu Double-Face afin d'avouer son crime et le respect du défunt et de toute son œuvre positive. L'élément déclencheur du film est initié par Selina Kyle, la femme chat, qui est le personnage que l'on retiendra de ce film. Et c'est avec une surprise de taille que j'ai découvert une Anne Hataway qui crève l'écran et excelle dans ce rôle qui lui va comme un gant. Chacune de ses apparitions nous électrifie, et son personnage est sans cesse pris dans la balance entre intérêt personnel et culpabilité. C'est elle qui a le profil psychologique le plus creusé et le plus intéressant du film. Ses actes serviront donc l’intérêt de Bane dans un premier temps. Le gros balourd, nouvel ennemi de Batman, est interprété par le toujours très bon Tom Hardy, habitué des rôles de balèzes après Bronson et Warrior. On peut toutefois regretter ne pas voir sa montée en puissance être mise en place progressivement, le personnage nous étant livré un peu brutalement. Au final, il disparait comme il est apparu, et l'on aurait peut-être aimé une ou deux scène d'anthologie où Hardy aurait vraiment pu exprimer tout son talent, à l'instar du Joker. Marion Cotillard n'apporte que très peu au film, et son personnage était je pense dispensable. C'est le vrai point négatif du film. Bruce Wayne, lui, est incarné par Christian Bale, sans cesse meilleur dans ce rôle. Exténué, vivant reclus de la société, il ne tient debout que grâce à une canne et n'a plus aucune raison de vivre. Le temps du Batman infaillible semble à des années lumières. J'ai beaucoup apprécié l'auto-dérision dont il fait preuve, notamment avec Alfred au début du film. La page chauve-souris est définitivement tournée dans sa tête, et son corps est celui d'un vieillard. Ce n'est qu’après l'acte déclencheur de Catwoman qu'il va, après être supplié par Gordon et le futur Robin, consentir à revêtir son habit de cuir, non sans effort. Le mal est donc incarné une fois de plus par les pensionnaires de la secte de Al Ghul, méchant du premier opus. On peut d'ailleurs regretter que le film soit davantage la suite du premier volet que du second. L'enjeu est la mise à l’épreuve de la croyance des hommes de pouvoir (quel qu'il soit) dans le bien-fondé de leur action, dans l’intérêt de conserver la société telle qu'elle est et de se battre pour elle. En parlant de se battre, les combats paraissent un peu pénibles pour les acteurs, notamment ceux de Batman. Certes, il est censé ne plus avoir la même forme qu'avant, mais il est quand même super rigide... Tout cela n'est pas aussi explosif et noir que The Dark Knight, mais ça fonctionne tout de même très bien, entre autres grâce à une mise en scène parfaite et sobre de Nolan, qui éclipse d'un revers de main tous les films Marvel possibles et imaginables (seul Spiderman 2 pourrait éventuellement penser à rivaliser ?). La fin nous donne une ouverture que l'on attendait grosse comme une maison, aussi suis-je surpris du buzz qui enfle à son propos sur le net. Sans doute est-ce parce que les gens n'ont pas encore vu le film. Pour finir, je dirai que ce chapitre final est le plus long de la trilogie (2H45) et que pourtant, à aucun moment je ne me suis ennuyé. Bravo donc, et continuez à nous émerveiller monsieur Nolan !

MA NOTE : 3/4


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132874.html



jeudi 19 juillet 2012

Lady Vegas - Les Mémoires d'une Joueuse

J'avais beaucoup aimé Tamara Drew, dernier film en date de Stephen Frears. C'était il y a deux ans, et le réalisateur semble avoir passé une sale période depuis. Il revient avec une bouillie immangeable à la sauce Vegas en croyant que la seule atmosphère et un casting très intéressant vont suffire à rendre le film bon. Raté. Rebecca Hall, que j'avais toujours trouvée très bonne, est d'un ridicule affolant dans ce rôle, et j'ajouterais même qu'elle joue très mal, ses répliques sortant dans le mauvais tempo et avec de fausses intonations, pas crédibles pour un sou. L'histoire est rendue compliquée pour rien, et ils auraient pu vulgariser le jargon technique un peu plus. Zeta-Jones doit vraiment arrêter le cinéma, ses rôles de potiche inutile s'accumulant dangereusement. On nous sert donc dans le scénario une fade idée à la Ocean's Eleven, qui ressemblerait autant à son modele que Justin Bieber à Michael Jackson. Et on se fait chier comme pas permis... Qu'est-ce que le temps est long devant un film comme ça. Le pire, c'est qu'on sait qu'on va souffrir dès la première scène. Que dire de Bruce Willis ? A part se trainer dans des tenues ridicules tout le film, il est sous-exploité. J'ai de la peine pour lui. A zapper absolument sous peine d'endormissement aigu.

MA NOTE : 1/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=175041.html


Think Like a Man

Allons-y franco, ce film est la plus grosse bouse que j'aie vue depuis mon arrivée dans le royaume. J'ai encore mal à mon sphincter anal d'avoir payé l'équivalent de 13 euros pour voir ce qui ne vaut même pas un téléfilm de milieu d’après midi sur la TNT. Le pire, c'est qu'en plus d’être débile en alignant clichés et préjugés, le film nous prend nous, spectateurs, pour des demeurés, en pensant que l'on puisse réellement agir comme les personnages le font. On ne sait pas trop pourquoi ni comment, mais les femmes de ce film se mettent à suivre à la lettre le bouquin d'un mec qui passe dans un talk show et qui parle du fonctionnement des mecs. Qui est ce chroniqueur et quelle est sa légitimité, les scénaristes n'y ont même pas pensé apparemment. Le film est misogyne en ce sens qu'il montre que les femmes seraient donc assez bêtes pour croire une connerie pareil : un guide pour mecs. Et toutes y croient dur comme fer. Les mecs, eux, sont donc de véritables caricatures ridicules. Le tout est ponctué de dialogues écrits par des pré-pubères, arrosé d'un humour "pétard mouillé" qui me gonfle sérieusement. Et ça dure, ça dure... Deux heures !!! La prochaine fois ayez au moins la sagesse de nous épargner en faisant un meilleur choix au montage.

MA NOTE : 0/4


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193251.html



mercredi 18 juillet 2012

Magic Mike

La plus grosse polémique du cinéma actuel est de retour : Steven Soderbergh est-il oui ou non un bon réalisateur ? Ce mec a quand même sorti plus de merdes que de bons films, alors permettez-moi d'en douter sérieusement. Magic Mike arrive donc après le moyen Contagion, et Steven ne semble pas conscient que sa crédibilité est sérieusement remise en cause. Il nous offre donc un (très) long métrage sur l'univers des strip-teaseurs, dont est réellement issu Channing Tatum. Ce dernier, bien réhabilité par son rôle de 21 Jump Street où il manie l’auto-dérision avec brio, semble vraiment sur la bonne pente, et est l'un des seuls points positifs du film. Matthew McConaughey n'est pas mal, mais hélas on ne le voit que peu à l'écran. L'histoire se concentre donc sur un jeunot joué par un acteur de merde dont j'ai la flemme de copier-coller le nom, qui au début du film est fauché et squatte le canapé de sa sœur, et à la fin se fait 4 000 $ par nuit de travail en se déshabillant sur scène. Le kid a la tête qui tourne et se met à faire des conneries. Drogues, alcool, sexe, filles. Sérieusement ? On n'a pas déjà vu ça des milliers de fois ? C'est assez chiant et peu drôle. Le seul moment magique du film réside dans les deux danses que Channing nous offre. Et côté mise en scène, c'est très pauvre... Ah, Steven, tu es bien mystérieux ! Next, donc.

MA NOTE : 1/4



http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193339.html



mardi 17 juillet 2012

Your Sister's Sister

Et voila LA comédie de l'année, aussi jouissive qu'inattendue. Le principe de base est simple et efficace : on place dans un huis-clos trois personnages à l'histoire chaotique, on secoue et on observe ce qui se passe. Ce qui se passe, c'est que ça fonctionne à merveille : on rit franchement et à gorge déployée, on se crispe dans son fauteuil en espérant que la situation ne tourne pas mal, et on prend notre pied devant trois acteurs au meilleur de leur forme. Mention spéciale à Mark Duplass qui crève l'écran. Il est très délicat de parler du scenario, très solide, sans révéler quoique ce soit qui puisse nuire à votre bon visionnage du film, donc je vais me contenter de copier-coller le synopsis du film : " Iris propose à son meilleur ami Jack, qui vient de perdre son frère, de s'isoler dans sa maison de famille. Là-bas, Jack fait la connaissance d'Hannah, la sœur d'Iris. Après une soirée alcoolisée, Jack et Hannah passent la nuit ensemble..." Bon, il faut savoir que Iris est sortie pendant un bon moment avec le frère décédé de Jack. A partir de là, toutes les situations apportent leur lot de joie et de peine. On ne s'ennuie pas une seconde, et on en redemanderait presque. Encore !

MA NOTE : 3/4


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=197649.html