Pages

dimanche 28 octobre 2012

Amour

Michael Haneke, c'est deux Palmes d'Or lors des quatre dernières années, une envergure de taille sur le cinéma et une poignée de films qui ont marqué les spectateurs. La dernière Palme d'Or en date, c'est donc Amour, dernier petit bijou créé par le germano-autrichien. Continuant à traiter des thèmes difficiles de forte manière, Haneke s'attaque ici à la fin de vie au sein d'un couple magnifiquement interprété par les brillants Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva. Le premier est sidérant de courage et de volonté et la seconde est touchante dans sa façon d'envisager sa fin. L'énergie et la communion entre ces deux personnes est plus forte que tout et laisse à réfléchir sur l'évolution des rapports humain durant le vingtième siècle. L'amour est plus fort que tout. On serait prêt à tout pour rester au près de l'être aimé. L'aggravation progressive et certaine de l'état de santé de la femme choque tout le monde mais pas le mari, pour qui la relation et le lien qu'il entretien avec elle dépassent haut la main ces obstacles. Quoi qu'il arrive, il sera là, toujours. La maladie le touche lui autant qu'elle. Les réactions des proches semblent or de propos, et pourtant, en y réfléchissant bien, on n'agirait pas différemment à leur place. L'impuissance face à une situation fatale est quelque chose que ce cinéaste adore montrer, et qu'il fait de la plus belle des manières. On est prisonnier, aux côtés des protagonistes, du sort. Le dénouement est amené de manière naturelle et logique, et est davantage vécu comme une preuve d'amour, comme une délivrance, qu'autre chose. Ce film est marquant et reste très longtemps dans les esprits, à l'instar des précédents films du réalisateur.

MA NOTE : 4/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=188067.html


vendredi 26 octobre 2012

Dans la Maison

Ozon imbrique un fantasme dans un second avec ce film. Celui de l'enseignant qui a une relation privilégiée avec son élève surdoué, sorte de fils spirituel ou encore mini-moi rêvé d'un côté ; celui de pénétrer l'intimité d'un foyer familial et de le manipuler pour le bouleverser de l'autre. Tout ceci est fait par la métaphore du récit de l'adolescent. L'aspect le plus plaisant du film est d'ailleurs les micro-modifications que suggère l'excellent Luchini à son élève tandis que nous voyons à l'écran une transposition visuelle de l'écriture. Une sorte de tension malsaine enrobe le film et lui donne un côté angoissant et poignant. Nul moyen de savoir où tout cela nous mène. Cet enfant dérangeant mène la danse sur l'écran mais aussi dans nos têtes de spectateurs. A voir donc.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193715.html


jeudi 25 octobre 2012

La Pirogue

Il y a déjà beaucoup de choses de dites dans le titre ; La Pirogue. Pas UNE pirogue, LA pirogue. Celle qui pour beaucoup d'Africains représente non pas une solution, mais la solution. Attirés par les sirènes d'outre mer, ils se jettent dans les vagues destructrices de l'espoir vain, espoir qui les maintient en vie jusqu'au moment où les vagues deviennent des rouleaux et où un accroc sérieux survient dans leur embarcation de fortune. Quand le problème n'est pas matériel, il est humain. Vivre les uns sur les autres, qui plus est au milieu d'une situation périlleuse est source de nombreuses querelles destructrices et meurtrières. La peur et le doute nourrissent la haine et le rejet, et il n'est rien de plus rapide que de passer des rires aux larmes. Ce tout cela que montre le film, ni plus ni moins, de façon crue et peut-être trop brut. J'entends par là la mise en scène qui, très sobre, pourrait perdre certain spectateurs dans l'apparente monotonie du récit. De plus, il manque un petit quelque chose pour nous pousser à nous sentir à la place des personnages à l'écran.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=206433.html


mardi 23 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté

A la sortie de la quatrième adaptation des aventures d'Astérix, un objectif est dans la tête du public : assister à un meilleur résultat que l'ignoble Astérix aux Jeux Olympiques sorti il y a quatre ans. Et, si possible, se rapprocher de la version de Chabat, jusque là la plus aimée, à juste raison. C'est Edouard Baer qui cette fois-ci accompagne Gérard Depardieu dans cet opus. Leur relation est d'ailleurs un point fort du film. Creusée, fine, réaliste sans grossiers tournants, elle pimente le récit tout du long. La bonne idée a été d'intégrer un élément annexe, magnifiquement interprété par le très frais Vincent Lacoste, qui malgré des apparitions dans quelques navets ici et là garde sa crédibilité acquise dans l'excellent Les Beaux Gosses. Luchini aussi fait du bien au film et efface sans difficulté la navrante prestation d'Alain Delon. De manière générale, le film se tient, même si l'on aurait aimé qu'il sorte parfois un peu des sentiers battus ; on sent que le réalisateur a voulu bien faire et n'a donc pas osé prendre de risques. Celui qu'il aurait dû prendre en premier est le fait de dire merde aux studios concernant la 3D : elle ne sert strictement à rien. A la fin, l'histoire retombe sur ses pattes, comme attendu, et la pluie d'apparitions de stars se fait sans trop d'encombre. Et puis l'on sort de la salle sombre, on rentre chez soi, et plus jamais on ne pensera à ces 109 minutes de toute sa vie...

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=177895.html


lundi 22 octobre 2012

Bachelorette

Rebel Wilson continue son ascension dans le monde des comédies américaines (Mes Meilleures Amies, My Best Men, Ce qui vous attend si vous attendez un enfant) avec son humour typique décalé et basé sur l’auto-dérision. Malheureusement pour elle, si sa présence est toujours rafraichissante et appréciée, elle n'a par ailleurs jamais tenu de rôle vraiment important, et ses apparitions restent dans le cadre de films majoritairement très moyens... Ici, on lui propose une histoire qui va tourner autour de son mariage. Bien, sauf que l'histoire est centrée sur les demoiselles d'honneur, où l'on retrouve avec surprise une Kirsten Dunst dont on se demande comment elle s'est retrouvée embarquée dans cette affaire. Le film est banal et pas vraiment drôle, bien qu'on se prenne à sourire régulièrement. C'est assez fouillis et les acteurs masculins sont complètement délaissés. Pas de surprise non plus concernant le dénouement. Bref, quelque chose que l'on a déjà vu à de maintes reprises.

MA NOTE : 1/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193422.html


dimanche 21 octobre 2012

Paperboy

On pourrait dire qu'a priori, le film part très mal en présentant un casting qui semble complètement minable et fait d'acteurs médiocres ou has-been. On serait légitimes et chacun a une carrière faite pour nous donner envie d'éviter leurs nouvelles apparitions à l'écran. Pourtant, le bon point du film tient essentiellement à leur jeu. Qu'on se le dise, Matthew McConaughey est dans la place. Après son rôle dantesque dans l'excellent Killer Joe et celui d'un patron de boîte dans le moins bon Magic Mike, il s'impose définitivement comme un acteur de grand talent (mieux vaut tard que jamais). Zac Effron s'est épaissi dans tous les sens du terme. John Cusack a pour une fois préféré jouer les seconds rôles dans un film d'auteur plutôt que d'être tête d'affiche d'un nanar hollywoodien, et offre ici le meilleur de lui-même dans un rôle dans lequel personne n'aurait pu l'imaginer. Enfin, déterrée de son cimetière, dépoussiérée et fagotée comme une bimbo en pleine dégringolade, Nicole Kidman est LA grosse surprise de ce film. Elle assure à fond dans ce rôle de tentatrice qui détruit tout sur son passage. Malheureusement, si la prestation des acteurs est indéniablement saisissante, le scénario du film et sa mise en scène ne sont pas à la hauteur. Pas assez choquant, pas assez drôle malgré nous, pas assez dérangeant là où il devrait l'être. Les dialogues sont aussi un peu légers. Dommage, il y avait matière à mieux faire avec des acteurs au sommet de leur talent.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193901.html


Elle s'appelle Ruby

Zoe Kazan est à la fois au départ de l'aventure et à son arrivée, en ayant écrit la nouvelle dont le scénario du film est tiré et en interprétant son personnage féminin principal. Elle incarne une Ruby fantasmagorique, pétillante, belle sans être parfaite, fragile, encline à satisfaire sa moitié à tout moment. Bref, une certaine idée de l'idéal féminin. On retrouve également le trop rare Paul Dano, toujours très bon mais dont on ne peut pas dire qu'il apparaît ici dans un de ses meilleurs rôles. Le "control freak" dans la peau duquel il se trouve est un tantinet exagéré, et va loin dans l'expression "cracher dans la soupe". L'idée de base est intéressante et nous fait nous poser la question de ce que nous ferions dans telle situation. Aussi, l'évolution de l'histoire, même si un peu exagérée et précipitée, est dans l'ensemble réaliste. Comment, lorsque nous avons ce dont nous avons toujours rêvé, nous débrouillons-nous souvent pour tout foutre en l'air ? Comment faisons-nous pour aggraver sans cesse des situations que nous pourrions régler de bien pus intelligente façon à condition de s'en donner les moyens ? Voilà ce que ce film nous pousse à nous demander. Reste toutefois une comédie où l'on ne sourit pas vraiment et au rythme assez monotone. J'en attendais plus.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=205375.html


mardi 9 octobre 2012

Holy Motors

Longtemps pressenti pour remporter la Palme d'Or à Cannes cette année, Holy Motors n’a finalement pas fini vainqueur. Cet OVNI cinématographique avait pourtant quelques points forts pour lui. Premièrement, et il ne faut pas sous-estimer cet effet, il est l’œuvre d'un réalisateur autour de qui règne une certaine attente folle, un côté mystique, qui font que les passionnés et professionnels du cinéma entrent dans la salle en étant déjà persuadés, quoi qu'on leur montre, que cela tiendra du génie. Ensuite, Holy Motors est une ode au cinéma, et particulièrement au backstage que l'on ne nous montre jamais, ici encloisonné dans une limousine irréelle qui renvoie aux fraises la pâlichonne et barbante consœur omniprésente de Cosmopolis. Le film est également graphiquement beau, on ne peut le nier, avec quelques séquences absolument magnifiques. Voilà pour les points positifs ; non, je ne me mets pas à l'unisson en plaçant Denis Lavant dedans. S'il assure une performance originale et que l'on voit tout le travail accompli pour en arriver à ce résultat, il n'en reste pas moins qu'il ne semble pas du tout à son aise dans les dialogues qui sortent de sa bouche en sonnant faux. Il ne les a pas écrits me direz-vous. Effectivement, mais c'est aussi son devoir de se les approprier. Aussi, la répétition de pastilles toutes plus improbables les unes que les autres suscite de l'étonnement et de l'émerveillement pendant un temps, mais après trois ou quatre, elle crée un ennui qui, malgré la beauté des images diffusées, va grandissant. On en viendrait presque à être lassés par trop de bizarreries successives qu'on nous donne à avaler sans nous donner le temps de les mâcher. En conclusion, ce film est une expérience hors du commun, très difficile d’accès, mais qui vaut l'expérience de visionnage pour tous les passionnés de cinéma.

MA NOTE : 2/4


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=195032.html



lundi 8 octobre 2012

Taken 2

J'avais déjà fortement critiqué le premier volet concernant le scénario et l'idée qu'il véhiculait d'une Europe dangereuse où mafieux et policiers marchent main dans la main pour faire leurs petites affaires. Un territoire où les lois sont bafouées avec la bénédiction de tout le monde. Et bien c'est la même sauce qui alimente ce second volet, cette fois-ci en Turquie. Bien entendu, la famille des victimes du premier opus veut se venger, parce que, semble dire le film, cette "race" ne réagit que de cette façon et ferme les yeux sur les actes moralement et légalement répréhensibles commis par leurs proches. On en rajoute une couche en explicitant bien le fait qu'à Istanbul, le seul endroit sécurisé est l'Ambassade Américaine. Quelle ironie quand le pays qui voit le plus d'homicides et où il y a le plus grand nombre d'armes à feu en circulation se prétend plus sécurisé, plus sûr que la vieille Europe. Ce qui fait mal dans tout ça, c'est que les deux volets ont été réalisés par des Français et produits par Besson. Était-ce le sacrifice à faire pour que le film fonctionne outre-Atlantique ? N'y avait pas un moyen de se montrer un peu plus intelligent que ça ? Sur la forme, pas grand chose à dire ; c'est toujours bien rythmé et ça carbure au vitriol, mais les scènes de combat ne sont pas mémorables.

MA NOTE : 1/4


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=144809.html



jeudi 4 octobre 2012

Le Monde de Charlie

Je m'attendais à aller voir un petit film sympathoche sans prétention, et je suis ressorti de la salle complètement bouleversé par tant de beauté. L'élément le plus frappant est la qualité des trois acteurs principaux. Emma Watson, belle et suscitant une vague d'affection protectrice, et Logan Lerman, que je n'aurais pas reconnu depuis sa brève mais bonne apparition dans le très remarqué 3H10 pour Yuma, donnent tout deux le meilleur de leur jeu et sont saisissants lorsqu'il s'agit de nous faire ressentir leurs émotions. Ezra Miller, lui, est tout simplement exceptionnel, à l'instar de ses apparitions passées (We Need to Talk About Kevin, Another Happy Day...). Je vais me répéter, mais ce kid en vaut la peine : en plus d’être très nettement l'acteur le plus doué de sa génération, il est déjà à mon goût dans la cour des plus grands acteurs de cinéma au monde. Sa faculté à accrocher l'écran, à faire d'une scène banale un instant magique et à jouer dans absolument tous les registres avec toujours autant de qualité est ahurissante. Le film, lui, vous transporte dans une bulle acidulée de sentiments forts que sont ceux vécus par un adolescent qui entre au lycée. Amour, peine, joie, déception, heureuses surprises, colère ou encore remord se succèdent avec un naturel et une aisance qui nous emportent dans leur courant. La beauté dégagée de ces émotions est telle qu'il faudra, pour les plus sensibles d'entre vous, prévoir la boîte de mouchoirs. Le seul point négatif du film est l'histoire mêlant le personnage principal à sa tante, totalement inutile en fin de compte au bon déroulement des évènements. Le film aurait non seulement fonctionné sans ça, mais je suis convaincu qu'il aurait été meilleur, ces scènes comportant les seuls point de lourdeur du long métrage.

MA NOTE : 3/4


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=182120.html