Ce film a beaucoup fait parler de lui, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il met en scène un excellent Vincent Lindon (d'ailleurs primé à Cannes pour sa superbe prestation) incarnant un chômeur longue durée qui évolue au sein d'un décor où tous les autres rôles sont joués par des femmes et des hommes qui ne sont pas acteurs professionnels, mais qui exercent dans la vie le métier ou la fonction qu'ils incarnent à l'écran. Il faut ajouter à cela le fait que Stéphane Brizé n'a donné que des lignes directrices à Vincent Lindon avant chaque scène, lui disant juste ce qu'il faut de contexte et de direction à prendre pour orienter le comédien, libre du choix du cheminement et de la tournure des évènements. Dès la séquence d'ouverture, ce chômeur nous confronte à la réalité de Pôle Emploi : les conseillers aussi ont des objectifs et doivent "vendre" des formations, ce qu'ils font même en sachant qu'elles n'auront aucun impact sur l'avenir des gens qu'ils suivent. Lindon finit par accepter un job dans la surveillance en grande distribution. Or, si réprimander les petits vieux qui volent un steak par manque d'argent s'avère fort difficile, s'attaquer à ses collègues qui volent des bons de réduction relève de la mission impossible, et remet en cause la dignité et les valeurs fondamentales de fraternité de l'individu chargé de rapporter cet acte au sommet de la pyramide hiérarchique. Le ton est grave, la caméra est neutre, donne presque dans le documentaire. On se rend compte que les petites phrases toutes faites ont la vie dure mais qu'elles cassent le moral et peuvent détruire un homme. Puissant et marquant, ce film laissera une trace et mérite d'être vu.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=233913.html
lundi 29 juin 2015
dimanche 28 juin 2015
La Tête Haute
Voici le nouveau film coup de poing d'Emmanuelle Bercot, qui se spécialise donc dans les problèmes de la société, que ce soit en tant qu'actrice ou, comme ici, en étant derrière la caméra. Nous suivons le jeune Malony pendant une quinzaine d'années au travers son adolescence principalement. Dès le départ, on se rend compte de la famille de merde dans laquelle il est tombé, et on se dit qu'il lui sera fort difficile de s'en sortir avec ce background si peu favorable. Dans la famille monoparentale, la mère indigne et incapable d'élever ses gosses est incarnée par une Sara Forestier qui surjoue et tire légèrement le film vers le bas. Heureusement, les autres acteurs sont géniaux, à commencer par la révélation Rod Paradot, bluffant de réalisme dans le rôle principal. Catherine Deneuve, encore une fois, fait état de son talent immense en juge des enfants compréhensive et protectrice. Le film est violent, met mal à l'aise et dérange, peut-être un peu trop, car les temps morts sont quasi inexistants. Dès que Malony sort la tête de l'eau, il refait une connerie, et les bêtises de gamins versent peu à peu dans la délinquance. Tout est filmé sans chichi, de manière très naturelle, qui laisse penser à un documentaire. Le film est perfectible, notamment en variant un peu plus les émotions et les temps forts et temps faibles, mais comprends tout de même des sources d'intérêt indéniables.
MA NOTE 2/4
MA NOTE 2/4
dimanche 21 juin 2015
Mad Max : Fury Road
Peu importe que vous ayez vu ou non la première trilogie amorcée en 1979. Si vous l'avez vue, peu importe que vous l'ayez appréciée. Une pelleté de détraqueurs aurait sans aucun doute jailli pour fustiger le fait que le film soit bien différent de ses prédécesseurs s'il avait été le fruit d'un réalisateur différent, mais voilà, ce n'est pas le cas. C'est bien George Miller himself qui est aux commandes du quatrième volet de son œuvre. Il a eu la bonne idée d'adapter son propos à l'époque et de changer le ton de son histoire. D'ailleurs, l'histoire est réduite au minimum pour laisser place à une gigantesque course poursuite en plein milieu d'un désert de sable dans un monde post-apocalyptique hostile où les humains se battent pour avoir accès à l'eau. Chalize Theron, en leadeur de l'armée du tyran local, trahit son supérieur pour sauver les quelques femmes qu'il détient dans son harem ainsi que sa propre peau et se fait la malle à bord d'un long convoi. Bien évidemment, les méchants ne se laissent pas faire, et se lancent à la poursuite des femmes, avec la présence, malgré lui, de Mad Max, joué par un timide Tom Hardy, pas à son meilleur. Celui qui crève l'écran, en revanche, c'est Nicholas Hoult, absolument excellent dans son rôle de petit soldat kamikaze aveuglé par la soif de postérité. Le film est en fait un gigantesque spectacle de son et lumière, et en ça, il excelle. Les images sont splendides, les cascades sont spectaculaires, et toute cette chorégraphie esthétique se fait accompagnée de bonnes idées réparties ici et là, à l'image du joueur de guitare électrique, rythmant l'action comme le faisaient il y a des siècles les romains dans les galères, à l'aide de tambours. Magistral.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=125054.html
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=125054.html
lundi 15 juin 2015
Connasse, Princesse des Coeurs
Voici l'adaptation inattendue du programme court qui a fait ses gammes dans le Grand Journal de Canal + il y a quelques années. Descendant éloigné des pères fondateurs Jackass, ce long-métrage tend plutôt vers les plus récents Borat et Brüno, du britannique Sacha Baron Cohen. Le pitch, qui fait guise de scénario, est simple : Camilia est une trentenaire insupportable qui estime mériter être traitée comme ne princesse alors qu'elle traite les autres comme ses sbires. Le tour de force du film consiste dans la façon dont il a été tourné ; la seule actrice, professionnelle et CONSCIENTE (c'est très important !) qu'elle joue dans un film est Camille Cottin, qui joue le rôle principal, et qui fait preuve d'un talent incroyable. Retranchées à quelques mètres de chaque action, les deux réalisatrices lui donnent des indications dans son oreillettes. Le gros intérêt donc, est de voir ce personnage ignoble parler de manière hautaine et presque insultante à autrui et de guetter la réaction des gens face à ce comportement tout à fait original. C'est drôle, oui, mais cela fait aussi réfléchir sur la façon dont on traite les gens (sans pour autant être moralisateur). A plusieurs reprises, on se dit que ça va mal se passer, que Camille va se prendre une gifle, ou pire. Et l'on est étonné par la puissance des règles de bienséance. Mis à part ce tour de force d'hyper-réalisme et de documentaire romancé, l'histoire en elle-même n'a pas grand intérêt, et est même anecdotique, tant l'intérêt ne se situe pas là.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=232095.html
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=232095.html
samedi 6 juin 2015
Broadway Therapy
Dix ans après sa dernière réalisation Peter Bogdanovich, un vieux de la vieille, enfile de nouveau le tablier et nous propose un petite comédie à l'ancienne, où les gags sont basés sur de l'humour que je qualifie de "situationnel". Un humour international donc, et trans-générationnel, qui fait aussi fi des religions et des appartenances ethniques ; idéal pour rire en famille, avec son banquier juif et sa nounou portugaise. Très semblable aux comédies de Woody Allen, le film va même jusqu'à avoir une simili Scarlett, qui n'a d'ailleurs rien à lui envier (physiquement tout du moins), en la personne d'Imogen Poots, absolument délicieuse. On rit, on est dépaysé, les acteurs sont bons et il n'y pas de chute de rythme. Bref, un bon moment de détente et de plaisir.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=218583.html
MA NOTE : 3/4
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dimanche 31 mai 2015
Avengers : l'ère d'Ultron
Trois ans après le premier opus, que Noir Amer avait jugé raté car entre autres fort ennuyeux, Marvel revient à la charge avec la suite des aventures de la bande de super-héros. Cette fois-ci, on ne tourne plus autour du pot. On ne passe pas les deux tiers du film à attendre l'action dans un vaisseau flottant. Non, ce coup-ci, ça pète dès les premières minutes du film, explosives. L'action est au rendez-vous, et c'est en grande partie pour ça qu'on est venus voir le film. Oui, mais pas que. Un scénario, c'est important, de même qu'une mise en scène et des personnages. Or, sur ce dernier point, le film souffre énormément. A force de vouloir intégrer toujours davantage de super-héros dans un film, le temps alloué à chacun d'entre eux s'en trouve réduit, partage de la gloire oblige. Au final, on a l'impression de ne vraiment en voir aucun. Ce qui fait la réussite des meilleurs films de super-héros, c'est justement la partie d'introspection, le doute, les défis relevés, la rédemption, qui ne peut avoir sa place dans un film où change de personnages présents à l'écran toutes les trois minutes pour être sûr de tous les balayer. Trop de héros tuent le héros. Et si d'un côté il y a toujours des longueurs, en témoignent les longues minutes où Hulk et Scarlett se tournent autour (j'espère pour elle qu'elle a les reins solides, d'ailleurs...), de l'autre, le scénario passe très rapidement sur un des éléments clés, les plus importants du film : la création d'Ultron. C'est complètement grotesque et incompréhensible ! Le film s'appelle L'ère d'Ultron, je le rappelle, et toute la phase de création du personnage est complètement inexistante ! Une fois qu'on a dit ça, le film se déroule sans accroc ni surprise. Plus dynamique que le premier, sans Alien sorti de nulle part, plus ancré dans le monde réel, on y trouve quand même son compte.
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=198488.html
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=198488.html
samedi 23 mai 2015
Lost River
Le voilà, le tant attendu premier film de Ryan Gosling en tant que réalisateur. Peu de communication, une histoire assez floue dans les pitchs présentés par la presse, et donc le spectateur ne sait pas à quoi s'attendre quand il entre dans la salle. Tout se passe dans une ville désertée par une grande majorité de ses habitants. Ne reste que les plus défavorisés, qui n'ont pas eu les moyens de fuir, et ceux qui ont tiré profit de la situation, par quelque moyen que ce soit. La famille de Bones, élevé par sa mère, est dans la difficulté, alors que personne n'a de travail et que la banque menace de mettre la main sur la maison suite à des échéances impayées. S'ensuivent alors des péripéties où à la fois la mère et le fils aîné se mettent en danger pour rapporter de l'argent dans le foyer familial. Les pastilles ont toutes quelque chose d'intéressant, mais il y a un grave manque d'unicité et de liant entre chacune d'entre elles, accompagnées d'un manque cruel de rythme. Les bonnes idées ne sont jamais vraiment traitées, et certaines d'entre elles, dont le village enfoui sous l'eau, auraient carrément pu être retirées, car n'ont aucun intérêt dans le film. On sent que sur la forme, Gosling a été énormément influencé par Nicolas Winding Refn, lui qui l'a révélé dans Drive. Au niveau esthétique, Lost River est bien plus proche d'Only God Forgives, avec sa tonalité bi-chromatique bleu et rouge. Le blondinet se cherche donc et n'a pas trouvé son identité. Le film est fouillis, inachevé, que ça soit sur le fond comme sur la forme, et ce malgré la présence d'un casting XXL. Seul Ben Mendelsohn, trop méconnu et sous-estimé du grand public, tient correctement son rôle d'éternelle crapule. Hélas, ça ne suffit évidemment pas.
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=212029.html
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=212029.html
Fast & Furious 7
La première grosse surprise du film est l'engouement qu'il suscite, en témoigne la fréquentation hors norme assez incompréhensible dans les salles. Malheureusement, une fois que l'on a réussi à trouver une place pour s'y asseoir, il n'y a plus grand chose de surprenant.J'ai eu un énorme frisson au moment du générique de début, qui est d'un mauvais goût sans limite. J'ai bien cru que ce septième épisode serait sur la même lignée que Fast & Furious 6, qui était très mauvais. Jason Staham est, qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, un très mauvais acteur. Il doit ici interpréter le méchant, et en rajoute des tonnes. Heureusement, il n'y a pas que ça. Ce septième opus comporte une dimension qui laisse à rappeler les derniers Mission : impossible. J'en veux pour exemple une scène dantesque dans le Moyen Orient, avec grosses cascades à la clé. Le film tient la corde quand il s'agit de nous offrir du grand spectacle de ce genre, mais frôle le ridicule sur les dialogues et l'intrigue principale du film. Venons-en à un autre point d'attrait du film. Si vous ne le saviez pas encore, Paul Walker, le petit blondinet beau-gosse, est mort pendant le tournage de ce film (pendant le tournage, pas sur le tournage, attention). On sait que ses deux frères ont été appelés pour filmer quelques plans larges où ils l'ont remplacé pour fignoler les derniers raccords du film. On sait aussi que l'équipe a vécu ça comme un traumatisme, en particulier la tête d'affiche, Vin Diesel, gros dur au cœur tendre. Et la pépite du film, qui vaut à elle seule le détour, se situe dans les deux dernières minutes du film. Les deux personnages joués par Paul Walker et Vin Diesel se quittent, chacun dans leur voiture, en prenant des chemins différents. La voix-off de Vin Diesel sort alors des hauts parleurs et revient sur les moments forts vécus depuis le tout premier film, alors que des images des 4 films tournés ensemble défilent à l'écran. C'est là qu'intervient un évènement très fort. L'acteur transcende le personnage qu'il incarne. C'est Vin Diesel qui parle à Paul Walker, ce n'est plus Dom' qui parle à son pote Brian. C'est un véritable hommage à l'acteur décédé, pas trop lourd, vraiment touchant, sincère, honnête et tout simplement beau.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=198750.html
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=198750.html
lundi 11 mai 2015
The Voices
Lorsque l'on vient à parler de ce film, ce sont avant tout les bonnes idées qui nous viennent à l'esprit en premier. La première d'entre elles est le choix du personnage principal, un américain moyen, dans une ville moyenne, avec un job basique, gentil au premier abord, tueur psychopathe schizophrène à ses heures perdues. Pour l'incarner, le choix d'un acteur moyen sans charisme parait justifié, en la personne de Ryan Reynolds, mais son manque de talent évident devient rapidement lassant. Aussi, les fameuses "voies", incarnant le bien pour son chien, le mal pour son chat, sont une idée originale et intéressante, mais un peu laissée de côté en cours de route. Les têtes de ses victimes, entassées dans son réfrigérateur, sont une excellente idée, couplée avec le changement de vision de la scène, des yeux du personnage principal ou d'une vision plus objective, bien différente et glauque... On peut adosser à chaque qualité un défaut, et je n'ai pas encore parlé du rythme monotone et de l'ennui palpable qui se dégage du film. J'allais presque oublier de mentionner que l'humour réhausse la qualité du film, noir, sale, macabre et qui fait toujours mouche. La réalisatrice de Persepolis peine à confirmer, même s'il ne faut pas jeter ce film à la poubelle.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=211238.html
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=211238.html
vendredi 1 mai 2015
Chappie
Neil Blomkamp a une grosse pression sur les épaules. Chappie est son troisième film et si District 9 avait emballé la critique et le public, Elysium était un véritable échec qui pouvait laisser penser que le premier film du réalisateur était assez chanceux. Une nouvelle fois, Chappie se déroule à Johannesburg. Cette fois-ci, il s'agit de robots policiers droïdes aux allures de lapins, mis au service des hommes sur le terrain. Après une séquence d'ouverture magnifique où un groupe d'intervention policier tente d'appréhender deux gangs qui se rencontrent, un robot est neutralisé par les narcos qui le récupèrent, ainsi que leur programmeur, pour en faire un des leurs, en développant ses facultés cognitives. Le robot est rebooté, ce qui fait de lui le semblable d'un nouveau né à qui il faut tout apprendre. Et donc, passé le premier quart d'heure, les choses se gâtent. La morale fait son apparition, avec ses bons gros stéréotypes et son sentimentalisme dégoulinant ; le gangster brutal se dévoue pour la vie de son "fils", la femme de la bande se sent immédiatement mère, et le robot est incapable de tuer quelqu’un alors que c'est précisément ce qu'on lui a demandé de faire. Tout ça, on connaît. On a déjà vu ce genre de mièvreries et on souhaiterait ne plus jamais en voir ! Mais visiblement, le message n'est jamais arrivé jusqu'en Afrique du Sud... Encore une déception de plus pour le jeune réalisateur, qui fait pourtant l'actualité pour avoir été choisi pour mener à bien le projet du prochain Alien. Ça fait peur, et pas pour les bonnes raisons...
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189702.html
MA NOTE : 1/4
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