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dimanche 29 octobre 2017

Comancheria

Deux frères font des braquages dans différentes agences d'une même banque pour des raisons personnelles. Ça se passe dans la vraie Amérique, les États-Unis profonds, avec des culs terreux, de la sueur, des armes à feu et de la poussière, plein de poussière. L'ambiance nous transporte immédiatement outre-Atlantique au pays de la bannière étoilée. Pas dans la bien connue grosse pomme, non, mais dans le cœur de cette nation bipolaire, obscur, pas assez souvent montré au cinéma. La traque des deux frangins par un duo de flics blasés et aussi ignobles que ceux qu'ils traquent humainement et un grand moment de cinéma récent, avec comme charpente le toujours excellent Jeff Bridges, qui apporte tout son charisme et son jeu au film. S'il y a une pépite méconnue à voir dans cette année 2016 de cinéma, c'est bien Comancheria !

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=206412.html


Suicide Squad

Le synopsis du film dit "Les pires méchants de l'univers DC Comics réunis dans un même film". Houston, we have a problem ; les "méchants", en fait les héros du film, sont de doux agneaux manipulables le plus facilement du monde par le gouvernement américain ! Ils ont des principes, se battent pour une noble cause, ont des réactions tout à fait humaines. Bref, heureusement qu'on nous dit qu'ils sont méchants, sinon rien ne les différencierait des héros de films d'actions habituels. L présentation des personnages est sans intérêt, et le méchant est créé en créant l'armée censée le combattre... Vous ne suivez pas ? C'est normal, ça n'a aucun sens ! Tout le reste du film consiste à voir déambuler la joyeuse troupe dans les rues. Ils marchent tellement que le rôle finalement attribué à Will Smith aurait initialement été proposé à Yohann Diniz. En bref un gâchis total, sans aucun intérêt.

MA NOTE : 0/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=144185.html


lundi 23 octobre 2017

Spotlight

Il est rare qu'un film d'investigation journalistique sorte au cinéma. Il est rare qu'il suscite l'enthousiasme, et il est encore plus rare qu'il satisfasse aux attentes placées en lui. Dans la droite lignée des Hommes du Président, avec un petit côté Zodiac également, Spotlight réussit à nous tenir en haleine de bout en bout et réussi sur tous les fronts : un sujet intéressant (la pédophilie chez les prêtres de la côte Est des États-Unis), des révélations surprenantes, un casting XXL avec des acteurs au meilleur de leur art et surtout, un rythme aux petits oignons qui lie tous ces éléments comme il faut. Le film a même réussi l'improbable pari de chiper l'Oscar de meilleur film au nez et à la barbe des deux ultra favoris de cette édition, Mad Max et The Revenant, et c'est à mon avis mérité. Mark Ruffalo, qui était déjà de l'aventure Zodiac, est un acteur étincelant qui vaut bien plus que Hulk.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=222271.html


dimanche 22 octobre 2017

The Neon Demon

Le jeune et expérimenté réalisateur danois, rendu célèbre avec la sortie de Drive en 2011, nous livre un nouveau film marqué de sa personalité de bout en bout. Lui qui aime les ambiances malsaines a cette fois-ci choisi le monde de la mode à LA, ville où tout le monde peut réussir, mais où l'on peut également passer du zénith aux catacombes en un battement de il et où jamais rien n'est acquis. Si la beauté des actrices qui se succèdent à l'écran est certaine, elle n'est rien en comparaison de celle de l'image, absolument sublime, léchée comme jamais par le maestro nordique qui confirme son goût pour les tonalités bichromatiques bleu/rouge. Nicolas met en scène comme personne la gêne, la menace, l'insécurité (à part sans doute Haneke). Loin d'être sans défaut (un rythme parfois défaillant et un fil rouge pas évident), le film a pour lui d'être une fenêtre ouverte sur ce monde sans pitié, où les personnes les plus effrayantes sont rarement celles qui en ont l'air. Mention spéciale à Elle Fanning, grandiose dans son rôle de mannequin mineure prête à tout pour percer.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=232793.html


dimanche 16 juillet 2017

Dernier Train Pour Busan

Il est rare de trouver des critiques de films asiatiques sur ce blog, c'est vrai, et c'est regrettable, car c'est un cinéma de grande qualité qui n'a rien à envier au cinéma occidental dans bien des domaines. Nous sommes ici en présence d'un film coréen de genre, celui de l'apocalypse par l'apparition de zombies. Les infestés sont assez proches de ceux que l'on peut voir dans World War Z, très agressifs et se transformant rapidement. Mais, avec un budget bien inférieur à son confrère américain, Dernier Train Pour Busan montre bien plus de choses. L'essentiel du film se passe en huis-clos, et n'est pas sans rappeler le récent Snowpiercer, puisque les deux se passent dans un train. La société d'aujourd'hui en prend sacrément pour son grade, grâce à un énorme point fort du film : tous les personnages existent et sont palpables. Ils ont tous, sans exception, du corps et une authenticité bluffante. Le film comporte également des scènes d'action de plus grande envergure, qui sont magnifiquement bien réalisées, dans les gares de la péninsule coréenne. Nous avons le souffle coupé tout du long, ne sachant vraiment pas de quelle façon le film se terminera, et c'est ce qu’on aime dans ce genre de films. Chapeau, vraiment, pour ce long-métrage très agréable à voir, et dont la qualité de l'image est une des plus belles qui existe en Bluray.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246702.html


lundi 26 juin 2017

Miss Peregrine et Les Enfants Particuliers

Léger malaise chez moi hier soir lorsqu'un couple d'amis qui venait diner a vu la boite du Bluray de Miss Peregrine sur le buffet. "Ah Charles, il est bien ce film ?" m'ont-ils lancé. Oui, il est agréable à regarder. "Qui l'a réalisé ?" Bon réflex que de poser cette question, il s'agit de Tim Burton. "D'accord, donc effectivement le film doit être bon !". Et bien non. Enfin si, mais non. Ce n'est pas parce que Burton est aux manettes d'un film qu'il est bon. "Tu exagères Charles, c'est un excellent réalisateur tout de même, c'est bien connu !" Vraiment ? Mais ce type n'a rien fait de bon depuis 10 ans ! Pour être tout à fait honnête, si, il a fait Frankenweenie, que j'ai beaucoup apprécié, mais qui est en fait une reprise d'un de ses courts-métrages d'école de cinéma, donc pas un nouveau projet. Depuis, il n'y a eu, au mieux, que du très moyen. Le grand Tim, surcoté comme nulle autre, a été choisi pour porter à l'écran ce roman pour ados. Quelque part entre Harry Potter et Un Jour Sans Fin, le film a une vraie poésie, et a pour lui de prendre le temps de poser l'intrigue. Un des principaux défauts du film réside dans le choix de l'acteur principal, qui a le charisme d'une huitre et l'expressivité qui va avec. Aussi, si j'apprécie que l'histoire prenne son temps avant de se lancer, il faudrait qu'elle s'emballe davantage lors des pics d'intensité. Heureusement, Burton fait du light et n'a pas la main aussi lourde qu'à son habitude, ce qui laisse au film une légèreté fortement appréciable. Fortement divertissant, esthétique et poétique, ce long-métrage est une réussite, indéniablement, même si il est à mon avis nettement perfectible.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=194075.html


samedi 24 juin 2017

Room

Une mère et son fils passent leur temps dans une pièce sans jamais sortir, avec comme seule vue de l'extérieur une télé et un vélux. Normal, on comprend assez vite qu'ils sont enfermés à leur insu, séquestrés. L'enlèvement de la jeune fille a eu lieu plusieurs années auparavant et le bébé est le résultat de son viol à répétition par son ravisseur. La réponse à la curiosité grandissante de l'enfant et l'établissement d'un plan de sortie sont remarquables de tension, de vérité, de naturel. Les personnages réfléchissent comme dans la vraie vie, ce qui est rare dans ce genre de films. Brie Larson a été primée de l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle, ce qui est compréhensible : elle y brille de mille feux. L'autre force du film est de ne pas s'arrêter à la libération des deux compagnons. Elle intervient à la moitié du film. La seconde moitié est moins dynamique mais en fait tout aussi importante : il s'agit du reconditionnement psychologique pour permettre à nos personnages de retrouver une vie normale, sans rester terré à craindre un hypothétique assaut et arriver à faire face, donc. Là aussi le traitement de l'histoire me parait tout à fait crédible : l'enfant s'habitue à sa nouvelle vie (qu'il n'avait pourtant jamais connue, étant né en captivité) bien plus rapidement que sa mère, qui avait tiré un trait sur sa vie antérieure et était presque résignée sur son sort. Un film brillant par son naturel donc, loin des long-métrages donneurs de leçons que l'on a vus sur des sujets de société ces derniers temps.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228263.html


mercredi 21 juin 2017

Café Society

Café Society est le septième long métrage de Woody Allen, 81 ans s'il vous plaît, depuis 2010. Le boulimique de travail aime que ses tournages ne dépassent pas 2 semaines et refait assez peu de prises, préférant donner la primeur à l'instantané, à l'interprétation que ses acteurs font de ses personnages. C'est à mon avis la raison majeure de l'inégalité de ses films. Celui-ci se compose autour d'un trio d'acteurs de tout premier rang : Jesse Eisenberg, le petit neveu qui a soif de découvrir d'autre chose que son cocon familial et son quartier, Steve Carell, le tonton fortuné occupé et qui voit comme un fardeau l'arrivée du jeune de la famille à qui on a confié la tâche de s'occuper, et Kristen Stewart, plus belle que jamais, envoûtante, qui fait tourner la tête au deux et met la paix familiale en péril. Ce plan d'intrigue n'est ni nouveau ni inhabituel, mais il a le mérite d'être ici très bien réalisé. Sur la forme, rien à redire. Les couleurs et les jeux de lumière sont sublimes, mettant les visages en relief. Sur le fond, l'histoire évolue de manière intéressante tout au long du film jusqu'à son zénith, à peu près aux deux tiers du film, où on vit un vrai moment de tension avec une réelle incertitude sur l'issue de cette problématique à laquelle nous sommes préparés depuis pourtant de nombreuses minutes. Dramatique sans être lourd, drôle sans être désuet, Café Society réussit à mélanger les ingrédients sans fausse note, qui en font un bon Woody Allen.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=236050.html


Ave, César !

Ethan et Joel Coen sortent en moyenne un film tous les deux ans. Avec ce rythme intense de production, pas étonnant que le résultat soit irrégulier. Le meilleur (Fargo, The Big Lebowski, No Country For Old Man) côtoie donc le moins bon - difficile de dire "Le pire" en ce qui concerne les frères Coen tout de même (Intolérable Cruauté, Ladykillers, et donc Ave Cesar). Je n'avais déjà pas été emballé par Inside Llewyn Davis, admettant tout de même que le film comportait des qualités, mais j'attendais donc de retrouver l'esprit caractéristique des deux frères, cet humour noir décalé qui fait leur sauce bien à eux et que les spectateurs apprécient. Dans Ave César, la source d'intérêt ne vient pas de l’intrigue principale, ce qui constitue rapidement un frein à l'intérêt porté au film ; elle est plate, rocambolesque certes mais laisse complètement indifférent. La présence d'une sorte d'union syndicale communiste au sein d'Hollywood du début de la guerre froide pourrait être intéressante si le sujet n'était pas traité de manière si désintéressée, voire bâclé. Ce sont les petits moments de vie autour d'un tournage de cinéma qui constituent les points d'intérêt du film. Parfois drôles, parfois impressionnants, parfois interloquants, ces courts passages rythment le film tout en détruisant son unicité, renforçant le sentiment qu'on ne sait pas où l'on va, et que visiblement, les réalisateurs non plus. Sinon, belle performance de Josh Brolin, excellent acteur qui confirme qu'il fait partie des plus grands.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=225859.html


jeudi 1 juin 2017

Rogue One : A Star Wars Story

Je le dis d'emblée, ça me met mal à l'aise de parler de ce film. Pourquoi ? Parce qu'on connaissait depuis 30 ans le début et la fin, et qu'il n'avait donc pas grand intérêt ; parce que le lobby des fans de Star Wars y répondra "ah mais on le savait, le but n'était pas d'apporter quelque chose d'inattendu de toute façon" ; parce que malgré tout, je n'y vois rien de mauvais et j'ai passé un moment plutôt agréable. Le but, en effet, était de palper un maximum d'oseille, on l'a bien compris. Le film est formellement réussi, avec des plans très jolis, notamment au début, où les plans galactiques se succèdent. Cet épisode a aussi l'audace de tenter de ramener à la vie Carrie Fisher et Kenneth Colley, tous deux numérisés et intégrés au film, avec plus ou moins de succès, car la technologie n'est pas à la hauteur du naturel pour le moment, mais on notera toutefois la prouesse. L'action est un peu poussive, on rit de bon cœur à plusieurs reprises mais la mayonnaise peine à prendre.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=218395.html