Je l'ai dit et répété, je considère James Gray comme l'un des meilleurs réalisateurs au monde. Il est monté en puissance sur ses premiers films jusqu'à Two Lovers, son chef d'oeuvre qui est à mon avis le meilleur de ses films. The Immigrant était plus austère et à mon avis moins réussi, mais j'avais adoré The Lost City of Z, qui était le fruit de son projet le plus ancien, qu'il avait eu tant de mal à financer et qui avait failli ne jamais voir le jour. C'est grâce à Brad Pitt que le projet avait pu se faire, lui qui avait financé une partie importante du film en tant que producteur du film. Hélas, il n'avait pu jouer dedans, étant engagé dans d'autres projets concomitants. Ce n'était que partie remise, assurait-il. Deux ans plus tard, bingo, avec le premier film spatial tant pour le réalisateur que pour l'acteur. Réunir ce qui se fait de mieux devant et derrière la caméra avait quelque chose d'assez jouissif pour les cinéphiles, et je n'ai pas été déçu. Gray a un talent certain pour créer une atmosphère pesante dans ces films. Pourquoi ? Parce les enjeux sont toujours à l'échelle humaine. Ici, ce qui importe n'est pas de savoir si Brad Pitt va sauver l'humanité, mais s'il va retrouver son père, qu'il connaît davantage de la bouche des autres que de ses propres souvenirs. Cette absence de repères, cette identité faussée, altérée par le regard des autres, est un handicap qui ressort comme une force aux yeux des recruteurs qui voient en lui un être infaillible dénué d'émotions, dont le rythme cardiaque ne s'emballe jamais. La mission toute particulière d'aller chercher son père aux confins de l'univers connu allie à la fois les difficultés techniques mais aussi ce supplément d'âme lié à la relation quasi inexistante entre un père et son fils. Le film nous offre quelques séquences splendides, comme une course poursuite lunaire mémorable, et des plans hyper travaillés avec une qualité photo très soignée. Le film reste longtemps en tête ; on y revient dans des moments de calme, et il fait son travail quelques jours après l'avoir vu.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=247520.html
jeudi 4 juin 2020
Avengers : Endgame
Voici la suite directe d'Infinity War dans la frise chronologique, puisque Captain Marvel était une sorte de parenthèse qui se passait dans le passé. La moitié des êtres vivants de l'univers a disparu, et les survivants ont du mal à accepter ce coup du sort. Petit à petit, la vie reprend son cours, mais elle n'a plus le même goût pour beaucoup de monde, à commencer par les survivants des Avengers, qui ont retrouvé Thanos au fin fond de la galaxie et l'ont tué sans aucune difficulté, sans que ça ne soulage ni résolve quoi que ce soit. Ils essaient tous de tourner la page de manière différente, avec pour l'un d'entre eux un coup d'éclat inattendu dans l'humour, fil rouge tout au long du film et trouvaille géniale. Par un stratagème alambiqué, ils parviendront à voyager dans le temps et à nous ramener dans un grand nombre de films qui ont fait le succès du MCU. Toute cette partie là est assez jouissive, il faut bien le reconnaître. Le fait qu'il y ait moins de personnages donne aussi plus de visibilité à chacun d'entre eux, ce qu'on pouvait reprocher au premier. En plus, les scénaristes n'ont pas forcément choisi les personnages du devant de la scène du MCU, du moins pas tous. Certes, les deux têtes d'affiches que sont Iron Man et Captain America sont évidement de la partie, eux qui sont les deux historiques Avengers, mais StarLord, Spiderman ou Docteur Strange, eux, en sont absent. On peut reprocher au film un problème de rythme et une hétérogénéité entre chaque partie. Si les retours dans les films précédents constituent indéniablement la meilleurs d'entre elles, le début du film tarde, avec des scènes à mon avis inutiles, notamment celles impliquant Clint qui passe son temps en tuant des mafieux. La fin du film, elle, ne sert qu'à nous emmener aux toutes dernières séquences tire-larmes, même si la nostalgie d'une époque nous prend aux tripes.
MA NOTE : 2/4
Captain Marvel
Ce film a été très critiqué à sa sortie, que ça soit par les fans historiques de comics, de l'univers cinéma Marvel ou par les journalistes, et je ne comprends pas pourquoi. Nous assistons ici à la naissance à l’écran d'un nouveau personnage dans la galaxie Marvel Cinematic Universe (MCU). Je pourrais comparer ce film à Black Panther, par exemple, qui m'avait beaucoup déçu quelques mois auparavant, alors qu'il a été plébiscité par nombre de spectateurs. Je mets au crédit de Captain Marvel la découverte du personnage principal, là où nous connaissions déjà T'Challa dans Black Panther, puisqu'il apparaissait dans Civil War. Aussi, c'est Brie Larson qui a le rôle de la super-héroïne, elle que j'affectionne particulièrement et qui avait été auréolée de l'Oscar de la meilleure actrice en 2016 pour Room. Là encore, Chadwick Boseman n'arrive pas à sa cheville et peinait à remplir le costume, alors que l'actrice pétillante parvient à dynamiser l'action. Aussi, le film fait la transition entre la fin d'Infinity War et le début d'Endgame, répondant à l’interrogation que suscitait la scène post-générique où Nick Fury envoyait un message d'aide à un mystérieux destinataire.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=141110.html
MA NOTE : 2/4
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Les Misérables
Quatre Césars pour ce film inattendu au moment de sa sortie, une nomination aux Oscars, aux Golden Globes, et un très beau parcours en salles pour ce film plébiscité par la critique. Le film suit la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil en Seine Saint Denis (93) pendant un peu plus de 24h. Le stratagème utilisé est connu : il s'agit de suivre les événements par le spectre de Stéphane, nouveau venu qui vit sa première journée dans l'équipe, ce qui nous permet de découvrir l'environnement par ses yeux en nous identifiant à lui naturellement. On s'aperçoit, sans que ça soit une découverte, que les officiers sont obligés de dépasser leur fonction pour réussir leur mission, ce qui peut mener à des excès plus ou moins graves. Une cascade d'événements débouchera sur une bavure, qui elle-même créera un scandale dans la priorisation des tâches (la santé des citoyens versus l'intégrité de l'insigne). Le film est tendu de bout en bout, rythmé, et ne prend partie ni pour les uns, ni pour les autres. La meilleure preuve est que les habitants des cités ont accusé Ladj Ly, le réalisateur, d'avoir fait un film pro-flics, tandis que des policiers ont dénoncés un film anti-flics attisant la haine envers eux. Comme on dit dans ces cas là, tant que les deux parties se plaignent, c'est que le film doit être assez juste. Le film prend encore plus d'ampleur à la lumière des manifestations mondiales pour protester contre les violences policières.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=273579.html
MA NOTE : 3/4
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mercredi 13 mai 2020
Midnight Special
Jeff Nichols est un de mes réalisateurs préférés. Aussi jeune que talentueux, il est l'auteur de tous les scénarios des films qu'il réalise, et dont il a la main mise sur le final cut, si cher et difficile à obtenir pour les réalisateurs à Hollywood de nos jours. Take Shelter et Mud figuraient déjà dans mes Top 10 2012 et 2013, et je guette désormais chaque nouveau long métrage dont il est l'auteur avec impatience. Midnight Special est le premier essai de science fiction auquel il se prête, toujours son acteur fétiche Michael Shannon, grandiose comme d'habitude en père déchiré entre la mission qu'il est persuadé de devoir mener, alors qu'elle le conduira à la perte de son fils. C'est justement le bien-être de son fils qui le pousse dans cette direction, à travers un road movie haletant où la tension est omniprésente, la famille du petit Roy étant poursuivie tant par les membres de la sectes dont elle s'est enfuie que par les forces de l'ordre qui tentent de percer le mystère de gamin pas comme les autres. Adam Driver est lui aussi parfait dans son rôle de scientifique travaillant pour le gouvernement, faisant montre de justesse et d'intégrité entre soif de savoir et empathie envers l'enfant qui l'épate et qu'il respecte éminemment. C'est très beau, très juste, pas tire larme (Nichols ne l'est jamais tout en sachant retranscrire les émotions avec exactitude) et plein d'amour et d'espoir.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221391.html
MA NOTE : 3/4
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La Ballade de Buster Scruggs
Les frères Coen jouissent d'une réputation unique dans le monde du cinéma ; loufoques, judicieusement impertinents, humour déjanté, propos décalés... C'est juste, mais force est de constater que ça ne fait pas toujours mouche. J'avais été moyennement convaincu par les deux derniers longs-métrages des deux frères, Ave Cesar ! en 2016, et Inside Llewyn Davis en 2013. Le dernier film qu'ils ont signé et qui m'a convaincu est True Grift, et il remonte quand même à 2010. Je pense qu'ils sont conscients de leur inconstance, et qu'ils ont en tête que le grand ouest leur sied à merveille, eux qui avaient été récompensé aux Oscars pour le génial No Country For Old Men. Les voilà donc de retour dans le genre Western avec un objet non identifié, moitié série moitié film. On dirait que le projet n'a pas été bien défini au départ. Nous avons donc six scènes se déroulant dans le farwest, sans qu'il n'y ait aucun lien entres elles, autre que le décor. Elles sont toutes bien distinctes en terme de ton utilisé, certaines étant plus comique que d'autres, certaines étant touchantes voire malaisantes. Leur qualité aussi est hétérogène. J'ai pour ma part adoré la quatrième histoire avec le chercheur d'or, que je trouve magnifique. Les acteurs sont tous bons, il faut le souligner, mais on est tout de même un peu frappés par le caractère un peu vain de la chose. Le fait d’avoir choisi de présenter un long-métrage rend le tout un peu long également, avec plus de deux heures et l'exercice imposé au spectateur de repartir de zéro à chaque nouvelle scénette, ce qui rend le visionnage plus fatigant que pour un film classique d'une longueur similaire.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=266453.html
MA NOTE : 2/4
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lundi 13 avril 2020
X-Men : Dark Phoenix
Ceci est le premier film en tant que réalisateur de Simon Kinberg, jusque là producteur et scénariste. L'anecdote à savoir est qu'il était déçu de voir ses scénarios adaptés différemment de ce qu'il en attendait, ce qui l'a fait franchir le pas pour passer derrière la caméra. Notons toutefois qu'il a été scénariste pour des films quasiment tous médiocres, à part Days of Future Past. Pour ce dernier volet sur les mutants, il choisit de concentrer sur Jean, après le raté L'Affrontement Final en 2006. Or, c'est la quasi néophyte Sophie Turner qui incarne le phénix depuis le dernier volet, Apocalypse. Il se trouve que ses épaules ne sont pas assez larges pour y faire reposer un film de cette envergure. Un réalisateur et une tête d'affiche débutant : le film ne s'en remettra pas. L'histoire est bancale puisque les enjeux ne sont pas clairs. On ne sait pas ce qui motive les personnages ni où on va, et pourquoi les méchants sont méchants. Jessica Chastain est gaspillée et inutile. Le rythme est inexistant et la mayonnaise ne prend jamais. C'est une réelle déception pour cette saga qui reste donc sur deux déceptions de suite.
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=242867.html
MA NOTE : 1/4
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dimanche 12 avril 2020
Le Grand Bain
Voilà le premier projet en tant qu'unique réalisateur porté par Gilles Lellouche, qui s'était jusque là essayé à l'exercice dans des projets à la qualité médiocre. Il a choisi cette fois-ci de ne pas jouer dans son film, et c'est compréhensible, puisqu'il a demandé à tous ses acteurs de s'entraîner de manière intensive avec la coach de l'équipe de France de natation synchronisée à l'INSEP pendant 3 mois pour apprendre la chorégraphie qu'ils auront à réaliser à la fin du film. Or, on peut comprendre que se concentrer sur ces exercices en même temps que sur la réalisation du film apparaisse quasi impossible. Et quel casting ! On a ici quelques uns des noms les plus ronflants du cinéma français. On suit toute cette petite troupe par les yeux de Mathieu Amalric, en dépression depuis deux ans et ayant arrêté son travail quand le film débute. Par un concours de circonstances, il s'inscrit dans une équipe de natation synchronisée masculine coachée par Virginie Effira, qui comme tous les adhérent se trouve elle aussi dans une situation personnelle très compliquée. Leurs scéances hebdomadaires sont donc de réelles échappatoires, le bassin et les vestiaires constituant donc une bulle où rien de mal ne peut leur arriver et où personne ne les jugera. C'est beau, jubilatoire, ça fait du bien et on se prend au jeu en rigolant. Regardez le making-off si vous en avez l'occasion, on y voit les efforts faits par tous les acteurs.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=235582.html
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=235582.html
vendredi 10 avril 2020
120 Battements par Minute
Ce film relate les actions réalisées par l’association Act'Up au début des 90's pour faire bouger les choses en terme de prévention, de traitements et de visibilité autour de la séropositivité et du sida à Paris et à travers les médias français principalement. Nous sommes plongés au début du film en plein milieu d'un amphi de fac lors d'une réunion hebdomadaire de l'association, où sont échangées les idées pour décider ensemble des actions futures. La diversité de la population est intéressante. On y trouve des homosexuels majoritairement, mais aussi des toxicos, des travailleurs du sexe, des victimes du scandale du sang contaminé, et quelques hétéros sensible à la cause. La dynamique des échanges fonctionne et nous prend au corps très rapidement, surtout que la grosse scène qui suit est une intervention marquante de l'association. Nous vivons aussi en fil rouge la rencontre entre Sean, membre historique de l'association, et Nathan, nouvel entrant au début du film, rare membre séronégatif du groupe. Leur relation va évoluer au fil de l'état de santé de Sean, s’aggravant jusqu'au décès inévitable et un moment de recueil d'une justesse et d'une beauté saisissantes. Le film est triste mais très beau sur l'entraide et l'humanité que des gens considérés par certains comme des rebus de la société sont capables de mettre en œuvre pour offrir au plus grand nombre la force, l'espoir et une cause à défendre dans la diversité et avec une dignité étincelante. Bravo à ces pionniers et merci, ce film vous rend hommage.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=245592.html
MA NOTE : 3/4
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jeudi 9 avril 2020
La Forme de l'Eau
Voici le vainqueur de l'Oscar du meilleur film 2018, ainsi que meilleur réalisateur, meilleurs décors et meilleure musique. C'est donc de manière un peu solennelle que j'ai regardé, presque par obligation, ce film. Guillermo del Torro oblige, l'univers est très particulier, très travaillé, étrange sans pour autant virer dans l'inquiétant (ce qui n'est pas toujours le cas pour le réalisateur mexicain), mais en tout cas envoutant, et il est tout à fait compréhensible que le film ait été récompensé pour ses décors, magnifiques. L'histoire est très simple, nous sommes en fait dans un conte moderne très facilement lisible, une sorte de Belle et la Bête avec une ambiance à la Amélie Poulain. C'est le coup de foudre entre deux être incompris retranscris avec beaucoup de douceur, de poésie, dans cette ode à l'amour et au romantisme qui se regarde avec beaucoup de plaisir. Les acteurs sont superbes et très justes, de la géniale Sally Hawkins au terrible Michael Shannon, sans oublier les seconds rôles tous très bons. Le dénouement final est aussi beau que le reste et clôt en beauté cette fable, qui reste en tête un bon moment après l'avoir vue.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246009.html
MA NOTE : 3/4
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