Tout juste trois ans après La Planète des Singes : Les Origines, ce second opus démarre là où s'était terminé le précédent : le virus à l'origine du développement cérébral des singes s'est transmis à l'Homme et en a tué la grande majorité. Ceux qui restent vivent dans la crainte, réciproque, de l'autre espèce dominante. Les vingt premières minutes du film sont consacrées à la vie en société des singes, dont on perçoit l'analogie avec l'Histoire telle qu'on la connaît. A ce moment-là du film, César, comme son nom l'indique, est tel un empereur tout puissant sur son peuple qui l'adule. Son détracteur, Koba le belliqueux, a une telle haine des humains qu'il fera tout pour déclencher la guerre, faisant ce qu'il a toujours reproché aux humains de faire aux singes. Le mal, l'envie, la jalousie, la soif de pouvoir seraient donc trans-genre et non cantonnés à l'Homme. Le film est d'une bonne facture, et les héros de chaque camp font tout pour éviter l'affrontement pourtant inévitable. Je suis très heureux de voir le sous-estimé Jason Clarke dans le rôle principal et tous les acteurs sont dans l'ensemble bons. Le point négatif du film vient de son manque de rythme. Le début tient bien la route, jusqu'à ce qu'humains et singes se mettent à réparer le barrage. Ce moment, crucial dans l'avancement de l'histoire, est le début d'une succession de longueurs. On sait où le film va, on sait que l'affrontement, qui est même le titre du film, va pointer le bout de son nez, et on nous tient en haleine bien longtemps avant de finalement le déclencher. Bon film, mais à trop vouloir en faire, il perd en intensité.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=206986.html
lundi 22 septembre 2014
dimanche 21 septembre 2014
The Raid 2
Ce film fait suite à un premier opus sorti en 2012 que je n'ai pas vu, mais qui avait remporté à l'époque un franc succès à travers le monde. Je pense qu'il est intéressant de se pencher sur la genèse de ces deux films. Gareth Evans, illustre inconnu à l'époque, a rencontré Iko Uwais en Europe lorsque ce dernier, meilleur représentant de son art martial, fit une tournée pour faire découvrir le pencak silat. C'est à partir de cette rencontre que le cinéaste encore novice a décidé d'écrire un scénario autour du jeune sportif. Pour en revenir à ce second film, il peut tout à fait se regarder sans avoir vu le premier. La trame de l'histoire est classique ; le héros, Rama, est un flic qui va devoir infiltrer la mafia locale pour dénicher tous les flics véreux de la ville et faire tomber les gros poissons. Rama passe d'abord par la case prison, où il se rapprochera du fils de la mafia, puis deviendra son bras droit à leur sortie. Certes, l'histoire est simple et classique, mais l'intérêt se situe ailleurs. Je pèse mes mots quand je dis que je n'ai jamais vu de combats aussi réalistes, violents et beaux. Toutes les scènes sont absolument spectaculaires, que ce soit la gestuelle même des combats, l’utilisation des décors (avec un combat dans la boue qui jonche la cour de la prison) ou encore l'utilisation d'accessoires (combats avec un manche à balais, une batte de baseball ou des piolets). La mise en scène épouse parfaitement ces combats, et les couleurs et textures sont là pour nous montrer la richesse et la diversité des paysages urbains de l'Asie du Sud Est. Le film dure 2h30 et à aucun moment je ne me suis ennuyé, tant ce qui nous est présenté relève du grand spectacle. La scène finale est la plus belle scène de combat qui m'ait été donnée de voir et a définitivement acté mon enthousiasme pour ce film. Dépaysant, beau, spectaculaire, authentique, ce film est une véritable pépite de cette année 2014.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=205295.html
MA NOTE : 3/4
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dimanche 14 septembre 2014
Boyhood
Richard Linklater a un jour fait une proposition à des producteurs : le laisser filmer des acteurs représentant une famille moyenne américaine pendant 12 ans, quelques minutes par an, pour montrer leur évolution dans un long-métrage novateur. "Banco", ont dit les producteurs, le projet étant finalement peu coûteux à financer. Le résultat est une véritable immersion dans cette famille. Au bout d'un peu plus de deux heures de film, on a la sensation de connaître Mason, le personnage principal que nous suivons tout du long. Sur le fond, le film n'est pas exempt de reproches pour autant ; la famille recomposée qui est sans-cesse confrontée à des beaux-pères alcooliques et violents fait un peu peine à voir, comme si les beaux-pères étaient nécessairement des gens sordides et malsains. Malgré ça, le temps qui passe influe sur les traits de Mason qui se cherche, affine sa personalité et devient adulte, nous embarquant dans une odyssée ordinaire, celle du quotidien, et pourtant si intéressante à suivre. Car au fond, qui parmi vous serait capable d'identifier les moments de vos vies qui font de vous ce que vous êtes ? Quels moments vécus on été cruciaux dans l'élaboration de la personne que vous êtes, et quels sont ceux, assurément plus nombreux, que l'on pourrait supprimer sans pour autant modifier votre caractère ou votre personalité ? Boyhood nous propose une sélection non exhaustive et se termine par ce qui est à mon avis la plus belle séquence du film, d'une pureté et d'une beauté sans équivalant dans le reste du long-métrage.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226260.html
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226260.html
dimanche 7 septembre 2014
Dragons 2
Dragons, sorti il y a quelques années déjà, était de très loin le meilleur film d'animation de DreamWorks, que l'écurie de Spielberg n'avait jamais réussi à égaler par la suite, Kung-Fu Panda et consorts inclus. C'est donc en toute logique que la boite de production s'est lancée dans une suite de leur plus bel opus, avec un personnage principal devenu adolescent, et idole de son village. Je l'ai déjà dit mais je le répète, si Pixar est réputé pour ses scénarios et la qualité de sa mise en scène, DreamWorks est à mon avis supérieur en graphisme et surtout en animation 3D. Techniquement donc, le film est impeccable, magnifique et nous invite à plonger dans ce monde fantastique. Le scénario, lui, est bien moins mordant que celui du premier volet. L'idée de dragons alphas qui commanderaient les autres est intéressantes, mais la confrontation façon Choc des Titans, référence qui ne fait pas vraiment envie, aurait mérité d'être peaufinée. Et puis, franchement, le côté manif pour tous du film est gonflant ; "un papa, une maman", slogan bien trop entendu ces derniers mois revient ici de plein fouet sans que ça n'ait de réel intérêt. Les retrouvailles avec la mère sont assez mal fichues et bâclées, et paraissent bien naturelles pour être vraies avec le père. Reste donc un film sympathique, agréable, mais on est loin du chef d’œuvre.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=181290.html
MA NOTE : 2/4
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jeudi 28 août 2014
Under The Skin
Scarlett Johansson est une extraterrestre chasseuse d'hommes. Cette phrase qui pourrait être utilisée comme une métaphore est ici traitée au premier degré dans un film qui est un OVNI cinématographique tant il est original par sa forme. Le film est presque muet, et la musique joue un rôle capital tant elle accompagne le récit. Plus que compléter l'image, elle la surpasse, envoutante, inquiétante et parfois austère. Ce film nous montre, si besoin était, que n'importe quel homme serait prêt à suivre Scarlett dans sa camionnette, même si quelque chose de louche pointait le bout de son nez. Mais la belle blonde joue avec nous, comme elle se joue des consignes qui lui ont été fixées en s'essayant aux habitudes humaines. Elle se montre nue mais n'a pas de sexe. Elle finit en chasseur-chassé, poursuivie par un homme incarnant la frustration de toutes ses proies passées. Le film met mal à l'aise et n'est pas à la portée de tout le monde. Il est lent et dérangeant, mais une chose est sûre, il est marquant, même si il n'est pas toujours évident de donner du sens à tout ce que l'on voit, tant le réalisateur compte sur l'intelligence du spectateur pour le faire et ne nous donne que le minimum ; voilà qui diffère fortement de ce que l'on a l'habitude de voir de nos jours. L'évolution de l'alien en déserteur est fascinante, mais je trouve la mise en place un peu longue, quoique le film offre un scène splendide de rencontre entre l'incarnation du canon de beauté féminin et un homme difforme, sorte d'Elephant Man du 21ème siècle.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187462.html
MA NOTE : 2/4
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mardi 26 août 2014
On a Failli Être Amies
Anne Le Ny est une actrice que j'apprécie et qui a déjà une petite expérience de la réalisation, plus ou moins réussie, avec des films qui traitent systématiquement de problèmes de société ; des Joséphine, Ange Gardien plus soignés, en quelque sorte. Ici, nous suivons donc Karine Viard, conseillère dans un centre de formation professionnelle pour ceux qui souhaitent se reconvertir, par choix ou par obligation. Elle rencontre Emmanuelle Devos lors d'une de ses sessions collectives, qu'elle croise en suite fortuitement sur son lieu de travail, un grand restaurant renommé. Dans nos vies à nous, l'histoire s'arrêterait là, mais Devos, qui a feint l'ignorance, va bien entendu revenir à la charge en se confiant à Viard, laquelle va passer de la position de dominante à celle de dominée en l'espace de 2h de temps. Tout cela est cousu de fil rouge, mais le film comporte tout de même des bons points. Premièrement, d'un point de vu documentaire, toute la partie sur la machine qu'est l'administration et ses tests biscornus pour justifier qu'un tourneur fraiseur se voit proposer un poste de balayeur est des plus réussies. Ensuite, le film comporte de nombreuses séquences humoristiques qui font mouche. Les acteurs sont plutôt bons, même s'il est surprenant que la moins convaincante du trio soit Devos, elle qui est d'habitude si bonne.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221896.html
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221896.html
lundi 25 août 2014
Transcendance
C'est dès le tout début du film que l'on comprend la galère à bord de laquelle on a embarqué. Très tôt, le discours moralisateur écolo écrase l'intrigue du film qui n'a pas grand intérêt. Si vous ajoutez à ça un rythme lent et des acteurs peu concernés, vous êtes garantis de trouver l'ennui en cours de route. Désireux de ne pas s'arrêter là, le réalisateur Wally Pfister (qui entre nous a un nom qui fait plus penser à des pilules bleu pour assurer au lit qu'au cinéma) ajoute au scénario un couplet sur le terrorisme technologique... Les deux thèmes les plus intéressants qu'aurait pu soulever le film ne sont pas traités : comment est-il possible de vivre une relation amoureuse sans relation physique (thème magnifiquement traité dans Her) et l'absence totale de vie privée vers laquelle notre société se dirige (Mark Zuckerberg a dit en 2012 qu'il prévoyait la fin de toute vie privée en 2025). Ne restent que des images de 4x4 roulant à toute vitesse dans le désert, des effets spéciaux peu crédibles pour créer des supers humains aux cellules auto-régénérantes, et de la poussière menaçante... Bref, passez votre chemin.
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=214763.html
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=214763.html
dimanche 24 août 2014
Jersey Boys
Eastwood propose ici une plongée dans l'Amérique des années 60 en suivant un scénario et une mise en scène classiques, qui nous rappellent notamment les œuvres de Scorsese et Sergio Leone, Les Affranchis et Il Était Une Fois En Amérique. Le cadre est le même, à savoir un quartier populaire de New York, les personnages sont systématiquement issus d'une vagues d’immigration, ici italienne, et proches de la mafia. De al même façon, le film suit les quatre garçons dans leur jeunesse avec les conneries qui s'y produisent, leur talent qui s'affirme, la découverte du sexe opposé, de l'amour, l'atteinte du sommet et le déclin. Toutes ces étapes se succèdent avec des scènes de chansons pour faire le liant, et de l'humour bien disséminé tout du long. Après ses derniers échecs successifs depuis Gran Torino, Clint retrouve de sa superbe, épaulé par deux assistants (le générique le signale d'ailleurs de manière à ce que ça soit le moins dégradant possible) qui font tout le sale boulot à sa place. Les acteurs sont bons, la musique est bonne, l'image est bonne, l'histoire plaisante et le film divertissant. L'idée d'incorporer un procédé relativement récent en faisant en sorte que les acteurs parlent directement aux spectateurs à travers la caméra contraste avec le côté classique du film. Bref, un moment réjouissant en compagnie de ce groupe de pop vieux de cinquante ans.
MA NOTE : 3/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=201568.html
MA NOTE : 3/4
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lundi 18 août 2014
Triple Alliance
Cette petite comédie sans prétention aucune se veut le pendant féminin du bud-movie à l'américaine. Autant le dire franchement, il s'agit là d'un des films les plus sexistes de l'année. Les idées nauséabondes qu'il véhicule sont légion : ils faudrait donc trois femmes pour arriver à la hauteur d'un homme qui n'est pourtant pas un foudre de guerre. Ces trois femmes représentent ensemble les qualités que devrait avoir une femme digne de ce nom : être un bonne épouse, avoir une plastique de rêve et en avoir un minimum dans le crâne, mais aussi ne pas savoir quoi faire de sa vie sans un homme... Les gags sont moisis, le scénario peu crédible et le seul plaisir réside dans la plastique de Kate Upton pour les hommes et du mari pour les femmes. On peut aussi se dire à quel point on est intelligent en comparaison avec tous les idiots qui figurent à l'écran.
MA NOTE : 1/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=215685.html
MA NOTE : 1/4
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mardi 12 août 2014
Palo Alto
Les jeunes gosses de riches de Los Angeles ont un moral et une morale inversement proportionnés à leur ennui. Ils ont tout, matériellement parlant ; ne leur manque plus que les expériences de la vie, qu'ils sont prêts à vivre le plus intensément possible. Le film est signé Gia Coppola, un patronyme qui aide quand on veut se lancer dans le cinéma. La nièce de Sofia semble d'ailleurs bien inspirée par les thématiques des films de sa tante, et les montre sous une lumière plus honnête, plus contrastée, moins absolue, à mon avis plus juste. Mention spéciale aux jeunes acteurs, dont la bombe atomique Emma Roberts et le très touchant Jack Kilmer, que l'on devrait revoir à l'écran bientôt si tout va bien. Le film manque tout de même d'originalité et d'une conclusion plus osée, mais l'ensemble est de bonne facture, surtout pour un premier film. A rapprocher du récent Maps to the Stars, en moins déprimant et plus beau, plus jeune.
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=223474.html
MA NOTE : 2/4
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=223474.html
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