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mardi 18 août 2020

Rocketman

A la mode depuis quelques années, les biopics sur les chanteurs les plus connus du XXème siècle se succèdent pour le meilleur et pour le pire, le genre étant assez difficile à maîtriser pour donner naissance à des films qui soient à la fois intéressants et qui respectent le caractère historique des protagonistes. Rocketman retrace la vie d'Elton John, né Reginald Dwight, appelé Reggie par tous ses proches jusqu'à ce que sa carrière décolle. Issu d'un milieu modeste, c'est surtout le déchirement familial autour de lui qui lui a causé du tord, ainsi que le manque de soutien de ses parents. Heureusement, sa grand-mère aimante lui a mis le pied à l'étrier, ou plutôt les mains sur un piano, et tout a basculé autour du petit Reggie. Surdoué pour la musique, elle a constitué pour lui une véritable échappatoire qui l'a mené vers le succès mais aussi toutes sortes de décadences liée à un train de vie soudainement multiplié par mille auquel personne n'est préparé. Le film est très bien fait, alliant à la fois humour, chansons classiques de l'icône et moments dramatiques, avec les moments les plus marquants de sa carrière bien entendu. Taron Egerton est un excellent choix pour incarner Elton. Eux deux avaient déjà un lien fort, puisque c'est le jeune acteur qui doublait le gorille dans Tous en Scène, qui interprétait I'm Still Standing à la fin du film, et Elton John était la guest star du second volet de Kingsman. Il faut dire que c'est bien Taron Egerton qui chante tous les morceaux, lui qui a beaucoup travaillé sa voix pour pouvoir tenir la route. Le film est vraiment plaisant, réussi, et permet de faire redécouvrir à un public large l’œuvre grandiose de l'un des plus gros vendeurs d'albums de tous les temps.

MA NOTE : 3/4

 

jeudi 11 juin 2020

Loving

Moins d'un an après l'excellent Midnight Special, Jeff Nichols revient avec un film bien différent de ce qu'il avait fait jusqu'alors, puisqu'il s'agit pour la première fois d'un biopic tourné autour d'un couple mixte en pleine ségrégation aux Etats-Unis. Le sujet est casse-gueule puisque propice à tous les excès de violence, de sentimentalisme ou de patho, or le talent de Nichols est tel qu'il évite ces pièges en nous offrant une oeuvre magistrale centrée sur la relation de couple, pièce centrale dont l'amour constitue le ciment. Les Loving essuient tellement de tirs, vivent tellement d'injustices, portées à un niveau institutionnel, qu'ils auraient facilement pu baisser les bras, or il n'en est rien. Les plans ainsi que les dialogues sont fins, nous laissant doucement prendre la mesure de la situation. Il s'agit bien là d'un des meilleurs réalisateurs en activité. C'est fort, c'est beau, c'est juste et c'est historique. C'est donc à voir.

MA NOTE : 3/4



dimanche 7 juin 2020

Docteur ?

Voilà la comédie de Noël franchouillarde pour toute la famille. En tête d'affiche, Michel Blanc en docteur itinérant SOS-médecins, alcoolique et dépressif suite au décès de son fils. Sa rencontre avec un livreur Uber-Eats le soir de Noël, liée à un accident l'empêchant de se mouvoir correctement est l'étincelle qui permet la naissance de l'histoire. Hakim Jemili, qui joue le livreur, apporte un vent de fraîcheur qui fait vraiment du bien, très juste entre l'empathie, l'humour, la crainte que quelqu'un découvre la supercherie. Car les deux protagonistes se mettent rapidement d'accord pour que le docteur devenu infirme reste dans sa voiture pendant que le livreur assure les tournées de livraisons de restaurants ainsi que les rendez-vous SOS médecin, en liaison permanente par téléphone, le second recevant dans son oreillette les conseils en temps réel du premier. On rit vraiment en se prenant au jeu, avec un running-gag autour d'un client/patient bien trouvé, mais le stratagème devient vite répétitif. On s'attend à ce qu'il y ait à un moment donné un problème de réception téléphonique qui romprait la communication entre les deux compères, ou à ce qu'un patient qui connaisse le médecin se rende compte que ce n'est pas lui qui fait la tournée, ce qui aurait donné un peu de piment au film, mais il n'en est rien, et c'est certainement dommage, puisque le long-métrage se déroule sans aspérité du début à la fin, d'un ton monocorde. Bonus : une excellente bande originale avec une chanson qui donne la pêche et vous restera dans la tête un bon moment.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=271088.html

Dragons 3 : Le Monde Caché

Voici le troisième et dernier volet de la trilogie initiée en 2010 avec l'initiation, et poursuivie en 2014 avec la récolte des fruits de leurs efforts par les personnages dans une phase d'adolescence. Ce dernier film est celui de l'émancipation, où les personnages, tels des amis inséparables pendant leur scolarité, prennent chacun des chemins différents une fois leur diplôme en poche pour fonder une famille et trouver un travail, chacun dans sa ville. Il ne s'oublieront pas, s'aimeront toujours, mais auront des échanges limités, voire inexistants après un certain temps. Le film a cette touche de nostalgie, ce côté poétique appuyée par des images éblouissantes de beauté. Le scénario est de meilleure qualité que celui du précédent opus, sans aucune fausse note, et au déroulé bien ficelé qui nous fait passer par toutes les couleurs de l'arc en ciel des émotions. Le point fort qui a fait de cette trilogie une réussite totale est d'avoir toujours le même réalisateur aux manettes, Dean Deblois, ce qui permet une régularité et une évolution sensée de l'histoire commencée il y a dix ans.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=222451.html

Alita : Battle Angel

Voilà un film futuriste très intéressant et dont la genèse a été assez chaotique. Après moult rebondissements, c'est finalement le talentueux Robert Rodriguez qui prend les rennes en tant que réalisateur. Lui qui plutôt un habitué des films d'action parodiques de séries Z à prendre au second degré, avec du grain sur la pellicule et du sang qui gicle à gogo, le voilà sur un projet tout public très propre visuellement. Les effets visuels fonctionnent bien, et le début du film parvient à nous emporter, même s'il y a des longueurs, en témoigne la pseudo amourette d'Alita. Le film souffre en revanche d'une certaine hétérogénéité dans la succession des scènes qui posent parfois problème, ne faisant pas toujours sens, et qui rendent un aspect global assez confus une fois le visionnage terminé. On a l'impression qu'on ne sait pas où on veut nous emmener, et que même les producteurs sont perdus dans leur film. Il a certainement dû y avoir débat parmi la production et les compromis trouvés nuisent à l'intégrité du film. Autre problème : à l'instar d'un film comme A la Poursuite de Demain, qui se terminait pas une séquence appelant une suite, Alita se termine au beau milieu d'une offensive vers les tout puissants oppresseurs. Problème : il est fort possible qu'on ne voit jamais la suite de ces deux films pourtant pas dépourvus d'intérêt, puisque personne ne veut plus en prendre les rennes, et que la Fox qui avait commandé le film initialement a depuis été rachetée par Disney, qui n'a pas les mêmes attentes.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=61280.html

La Mule

Entre deux films sur des attentats, Clint nous sort une petite histoire attendrissante d'un grand-père fauché passionné par l'horticulture qui, pour sauver sa maison et sa famille qui lui a en grand partie tourné le dos, finit par accepter une solution de facilité qui consiste à transporter de la drogue à travers les Etats-Unis et même le Mexique pour un cartel. Le film est sympathique, et papy Clint nous fait sourire de temps en temps comme il sait le faire, entre provocations et blagues potaches. Ce qui me gène un peu, c'est le côté sous-jacent pro républicain, à la limite du prosélytisme politique. Son personnage s'évertue tout du long à afficher un savoir-être du républicain modèle, qui ouvre sa gueule pour lutter contre ce qu'il considère injuste et qui touche à ses valeurs, qui est un peu raciste parce qu'il traite différemment les personnes de couleurs mais sait être bon avec eux, et ne voit pas le problème dans le fait que son bar préféré ne puisse être sauvé que par un don de millionnaire, puisque les assurances sont hors de prix et peu couvrantes dans les Etats-Unis. Bref je vois davantage d'éléments dans le sous-texte que dans l'intrigue principale en regardant ce film, même s'il se regarde facilement non sans plaisir. Je trouve la fin bâclée en revanche, arrivant assez brutalement avec une conclusion qui tombe d'un coup.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=262272.html

jeudi 4 juin 2020

A Couteaux Tirés

Je dois admettre que je n'attendais rien de ce film et n'y suis allé que lorsque j'ai vu les critiques positives se succéder à son sujet. Et j'ai été pris dès les premières minutes. Tout est réussi dans ce film : l'ambiance à la Cluedo dans un manoir, l'assassinat au sein d'une famille noble de la figure patriarcale, des membres désunis, tous plus allumés les uns que les autres, des inspecteurs charismatiques qui n'ont pas leur langue dans leur poche, et un scénario hyper travaillé qui ne cesse de surprendre. Certains diront que le film n'invente rien et ils auront raison, Agatha Christie faisait déjà tout ça il y a des dizaines d'années, mais le plaisir que procure ce film avec tous ses retournements de situation a été immense en ce qui me concerne. On progresse à tâtons dans l'enquête, et le dernier quart d'heure est assez jouissif. C'est la pépite de fin d'année 2019.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=267546.html

Vice

Adam McKay a un parcours atypique et assez intéressant. Il vient effectivement du monde de la comédie, lui qui a dirigé à de nombreuses reprises les acteurs connus pour leurs rôles comiques tels que Will Ferrell, Danny McBride, John C.Reilly ou encore Steve Carell. Et puis, il a tenu à mêler son savoir-faire en terme d'humour à de l'information, en traitant dans The Big Short la crise financière des Subprimes de 2008 comme jamais auparavant, avec un résultant aussi bluffant que brillant. Vice est construit sur le même modèle, et reconstitue cette fois-ci la carrière politique de Dick Cheney, qui sera vice-président des Etats-unis pendant huit ans sous la présidence de George W. Bush. Le film nous apprend que Cheney, interpété par Christian Bale toujours incroyablement talentueux, est le vice président qui a eu le plus de pouvoir dans l'histoire américaine, et que c'est lui qui tenait les rennes du pays, discrètement, à l'ombre de Bush. C'est très documenté, le montage est très énergétique, peut-être trop parfois, donnant au film des airs de mauvais publicités par moment. Cependant, le fond l'emporte clairement sur la forme dans ce film, et le jeu des acteurs ainsi que les révélations faites compensent cet aspect dérangeant de la réalisation. Le running-gag autour des attaques cardiaques de Cheney et les conversations avec Bush, notamment celle qui précède l'élection, sont des plus savoureux. C'est un film qu'il faut voir, et Adam McKay est en train de prendre la place de Michael Moore, dans un style différent et plus cinématographique.*

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=251903.html

Toy Story 4

Il aura fallu neuf longues années pour que la bande de jouets qui s'est réunie à l'écran pour la première fois en 1996 trouve une suite au troisième volet, qui s'était terminé sur des chaudes larmes. Je ne ais pas détailler les personnages ou l'atmosphère du film que tout le monde connaît mais énumérer deux points intéressants que traite ce film. Le premier est l'utilisation d'un objet pour d'autre chose que ce pour quoi il a été conçu. "Fourchette", nouveau personnage du film, est un jouet par fonction, contrairement à tous les autres qui ont été conçu pour être des jouets, et qui le sont donc par destination. C'est un thème philosophique intéressant qui se projette très bien sur le plan humain "untel est arrivé à accomplir telle tâche alors qu'il n'était clairement pas destiné à faire ça". Le second est notre besoin viscéral de s'accomplir socialement. La nouvelle méchante du film n'est en fait pas si méchante que ça. C'est une accidentée de la vie qui ne cherche qu'à trouver l'âme sœur. Il est toujours plus intéressant d'avoir un méchant avec des motivations nobles. Ça le rend plus complexe, plus humain, plus crédible. Ce film soulève donc des problématiques auxquelles il est intéressant de réfléchir, avec toujours des pointes d'humour et une qualité d'animation à la pointe. En revanche, je reproche au film quelques longueurs et un manque de suspense. On sait très bien où on va et il n'y a guère de surprise, même en ce qui concerne l'acte de bravoure de Woody et des siens pour permettre à la "méchante" poupée d'accéder enfin au bonheur.

MA NOTE : 2/4

Ad Astra

Je l'ai dit et répété, je considère James Gray comme l'un des meilleurs réalisateurs au monde. Il est monté en puissance sur ses premiers films jusqu'à Two Lovers, son chef d'oeuvre qui est à mon avis le meilleur de ses films. The Immigrant était plus austère et à mon avis moins réussi, mais j'avais adoré The Lost City of Z, qui était le fruit de son projet le plus ancien, qu'il avait eu tant de mal à financer et qui avait failli ne jamais voir le jour. C'est grâce à Brad Pitt que le projet avait pu se faire, lui qui avait financé une partie importante du film en tant que producteur du film. Hélas, il n'avait pu jouer dedans, étant engagé dans d'autres projets concomitants. Ce n'était que partie remise, assurait-il. Deux ans plus tard, bingo, avec le premier film spatial tant pour le réalisateur que pour l'acteur. Réunir ce qui se fait de mieux devant et derrière la caméra avait quelque chose d'assez jouissif pour les cinéphiles, et je n'ai pas été déçu. Gray a un talent certain pour créer une atmosphère pesante dans ces films. Pourquoi ? Parce les enjeux sont toujours à l'échelle humaine. Ici, ce qui importe n'est pas de savoir si Brad Pitt va sauver l'humanité, mais s'il va retrouver son père, qu'il connaît davantage de la bouche des autres que de ses propres souvenirs. Cette absence de repères, cette identité faussée, altérée par le regard des autres, est un handicap qui ressort comme une force aux yeux des recruteurs qui voient en lui un être infaillible dénué d'émotions, dont le rythme cardiaque ne s'emballe jamais. La mission toute particulière d'aller chercher son père aux confins de l'univers connu allie à la fois les difficultés techniques mais aussi ce supplément d'âme lié à la relation quasi inexistante entre un père et son fils. Le film nous offre quelques séquences splendides, comme une course poursuite lunaire mémorable, et des plans hyper travaillés avec une qualité photo très soignée. Le film reste longtemps en tête ; on y revient dans des moments de calme, et il fait son travail quelques jours après l'avoir vu.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=247520.html

Avengers : Endgame

Voici la suite directe d'Infinity War dans la frise chronologique, puisque Captain Marvel était une sorte de parenthèse qui se passait dans le passé. La moitié des êtres vivants de l'univers a disparu, et les survivants ont du mal à accepter ce coup du sort. Petit à petit, la vie reprend son cours, mais elle n'a plus le même goût pour beaucoup de monde, à commencer par les survivants des Avengers, qui ont retrouvé Thanos au fin fond de la galaxie et l'ont tué sans aucune difficulté, sans que ça ne soulage ni résolve quoi que ce soit. Ils essaient tous de tourner la page de manière différente, avec pour l'un d'entre eux un coup d'éclat inattendu dans l'humour, fil rouge tout au long du film et trouvaille géniale. Par un stratagème alambiqué, ils parviendront à voyager dans le temps et à nous ramener dans un grand nombre de films qui ont fait le succès du MCU. Toute cette partie là est assez jouissive, il faut bien le reconnaître. Le fait qu'il y ait moins de personnages donne aussi plus de visibilité à chacun d'entre eux, ce qu'on pouvait reprocher au premier. En plus, les scénaristes n'ont pas forcément choisi les personnages du devant de la scène du MCU, du moins pas tous. Certes, les deux têtes d'affiches que sont Iron Man et Captain America sont évidement de la partie, eux qui sont les deux historiques Avengers, mais StarLord, Spiderman ou Docteur Strange, eux, en sont absent. On peut reprocher au film un problème de rythme et une hétérogénéité entre chaque partie. Si les retours dans les films précédents constituent indéniablement la meilleurs d'entre elles, le début du film tarde, avec des scènes à mon avis inutiles, notamment celles impliquant Clint qui passe son temps en tuant des mafieux. La fin du film, elle, ne sert qu'à nous emmener aux toutes dernières séquences tire-larmes, même si la nostalgie d'une époque nous prend aux tripes.

MA NOTE : 2/4

Captain Marvel

Ce film a été très critiqué à sa sortie, que ça soit par les fans historiques de comics, de l'univers cinéma Marvel ou par les journalistes, et je ne comprends pas pourquoi. Nous assistons ici à la naissance à l’écran d'un nouveau personnage dans la galaxie Marvel Cinematic Universe (MCU). Je pourrais comparer ce film à Black Panther, par exemple, qui m'avait beaucoup déçu quelques mois auparavant, alors qu'il a été plébiscité par nombre de spectateurs. Je mets au crédit de Captain Marvel la découverte du personnage principal, là où nous connaissions déjà T'Challa dans Black Panther, puisqu'il apparaissait dans Civil War. Aussi, c'est Brie Larson qui a le rôle de la super-héroïne, elle que j'affectionne particulièrement et qui avait été auréolée de l'Oscar de la meilleure actrice en 2016 pour Room. Là encore, Chadwick Boseman n'arrive pas à sa cheville et peinait à remplir le costume, alors que l'actrice pétillante parvient à dynamiser l'action. Aussi, le film fait la transition entre la fin d'Infinity War et le début d'Endgame, répondant à l’interrogation que suscitait la scène post-générique où Nick Fury envoyait un message d'aide à un mystérieux destinataire.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=141110.html


Les Misérables

Quatre Césars pour ce film inattendu au moment de sa sortie, une nomination aux Oscars, aux Golden Globes, et un très beau parcours en salles pour ce film plébiscité par la critique. Le film suit la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil en Seine Saint Denis (93) pendant un peu plus de 24h. Le stratagème utilisé est connu : il s'agit de suivre les événements par le spectre de Stéphane, nouveau venu qui vit sa première journée dans l'équipe, ce qui nous permet de découvrir l'environnement par ses yeux en nous identifiant à lui naturellement. On s'aperçoit, sans que ça soit une découverte, que les officiers sont obligés de dépasser leur fonction pour réussir leur mission, ce qui peut mener à des excès plus ou moins graves. Une cascade d'événements débouchera sur une bavure, qui elle-même créera un scandale dans la priorisation des tâches (la santé des citoyens versus l'intégrité de l'insigne). Le film est tendu de bout en bout, rythmé, et ne prend partie ni pour les uns, ni pour les autres. La meilleure preuve est que les habitants des cités ont accusé Ladj Ly, le réalisateur, d'avoir fait un film pro-flics, tandis que des policiers ont dénoncés un film anti-flics attisant la haine envers eux. Comme on dit dans ces cas là, tant que les deux parties se plaignent, c'est que le film doit être assez juste. Le film prend encore plus d'ampleur à la lumière des manifestations mondiales pour protester contre les violences policières.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=273579.html

mercredi 13 mai 2020

Midnight Special

Jeff Nichols est un de mes réalisateurs préférés. Aussi jeune que talentueux, il est l'auteur de tous les scénarios des films qu'il réalise, et dont il a la main mise sur le final cut, si cher et difficile à obtenir pour les réalisateurs à Hollywood de nos jours. Take Shelter et Mud figuraient déjà dans mes Top 10 2012 et 2013, et je guette désormais chaque nouveau long métrage dont il est l'auteur avec impatience. Midnight Special est le premier essai de science fiction auquel il se prête, toujours son acteur fétiche Michael Shannon, grandiose comme d'habitude en père déchiré entre la mission qu'il est persuadé de devoir mener, alors qu'elle le conduira à la perte de son fils. C'est justement le bien-être de son fils qui le pousse dans cette direction, à travers un road movie haletant où la tension est omniprésente, la famille du petit Roy étant poursuivie tant par les membres de la sectes dont elle s'est enfuie que par les forces de l'ordre qui tentent de percer le mystère de gamin pas comme les autres. Adam Driver est lui aussi parfait dans son rôle de scientifique travaillant pour le gouvernement, faisant montre de justesse et d'intégrité entre soif de savoir et empathie envers l'enfant qui l'épate et qu'il respecte éminemment. C'est très beau, très juste, pas tire larme (Nichols ne l'est jamais tout en sachant retranscrire les émotions avec exactitude) et plein d'amour et d'espoir.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221391.html





La Ballade de Buster Scruggs

Les frères Coen jouissent d'une réputation unique dans le monde du cinéma ; loufoques, judicieusement impertinents, humour déjanté, propos décalés... C'est juste, mais force est de constater que ça ne fait pas toujours mouche. J'avais été moyennement convaincu par les deux derniers longs-métrages des deux frères, Ave Cesar ! en 2016, et Inside Llewyn Davis en 2013. Le dernier film qu'ils ont signé et qui m'a convaincu est True Grift, et il remonte quand même à 2010. Je pense qu'ils sont conscients de leur inconstance, et qu'ils ont en tête que le grand ouest leur sied à merveille, eux qui avaient été récompensé aux Oscars pour le génial No Country For Old Men. Les voilà donc de retour dans le genre Western avec un objet non identifié, moitié série moitié film. On dirait que le projet n'a pas été bien défini au départ. Nous avons donc six scènes se déroulant dans le farwest, sans qu'il n'y ait aucun lien entres elles, autre que le décor. Elles sont toutes bien distinctes en terme de ton utilisé, certaines étant plus comique que d'autres, certaines étant touchantes voire malaisantes. Leur qualité aussi est hétérogène. J'ai pour ma part adoré la quatrième histoire avec le chercheur d'or, que je trouve magnifique. Les acteurs sont tous bons, il faut le souligner, mais on est tout de même un peu frappés par le caractère un peu vain de la chose. Le fait d’avoir choisi de présenter un long-métrage rend le tout un peu long également, avec plus de deux heures et l'exercice imposé au spectateur de repartir de zéro à chaque nouvelle scénette, ce qui rend le visionnage plus fatigant que pour un film classique d'une longueur similaire.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=266453.html


lundi 13 avril 2020

X-Men : Dark Phoenix

Ceci est le premier film en tant que réalisateur de Simon Kinberg, jusque là producteur et scénariste. L'anecdote à savoir est qu'il était déçu de voir ses scénarios adaptés différemment de ce qu'il en attendait, ce qui l'a fait franchir le pas pour passer derrière la caméra. Notons toutefois qu'il a été scénariste pour des films quasiment tous médiocres, à part Days of Future Past. Pour ce dernier volet sur les mutants, il choisit de concentrer sur Jean, après le raté L'Affrontement Final en 2006. Or, c'est la quasi néophyte Sophie Turner qui incarne le phénix depuis le dernier volet, Apocalypse. Il se trouve que ses épaules ne sont pas assez larges pour y faire reposer un film de cette envergure. Un réalisateur et une tête d'affiche débutant : le film ne s'en remettra pas. L'histoire est bancale puisque les enjeux ne sont pas clairs. On ne sait pas ce qui motive les personnages ni où on va, et pourquoi les méchants sont méchants. Jessica Chastain est gaspillée et inutile. Le rythme est inexistant et la mayonnaise ne prend jamais. C'est une réelle déception pour cette saga qui reste donc sur deux déceptions de suite.

MA NOTE : 1/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=242867.html



dimanche 12 avril 2020

Le Grand Bain

Voilà le premier projet en tant qu'unique réalisateur porté par Gilles Lellouche, qui s'était jusque là essayé à l'exercice dans des projets à la qualité médiocre. Il a choisi cette fois-ci de ne pas jouer dans son film, et c'est compréhensible, puisqu'il a demandé à tous ses acteurs de s'entraîner de manière intensive avec la coach de l'équipe de France de natation synchronisée à l'INSEP pendant 3 mois pour apprendre la chorégraphie qu'ils auront à réaliser à la fin du film. Or, on peut comprendre que se concentrer sur ces exercices en même temps que sur la réalisation du film apparaisse quasi impossible. Et quel casting ! On a ici quelques uns des noms les plus ronflants du cinéma français. On suit toute cette petite troupe par les yeux de Mathieu Amalric, en dépression depuis deux ans et ayant arrêté son travail quand le film débute. Par un concours de circonstances, il s'inscrit dans une équipe de natation synchronisée masculine coachée par Virginie Effira, qui comme tous les adhérent se trouve elle aussi dans une situation personnelle très compliquée. Leurs scéances hebdomadaires sont donc de réelles échappatoires, le bassin et les vestiaires constituant donc une bulle où rien de mal ne peut leur arriver et où personne ne les jugera. C'est beau, jubilatoire, ça fait du bien et on se prend au jeu en rigolant. Regardez le making-off si vous en avez l'occasion, on y voit les efforts faits par tous les acteurs.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=235582.html


vendredi 10 avril 2020

120 Battements par Minute

Ce film relate les actions réalisées par l’association Act'Up au début des 90's pour faire bouger les choses en terme de prévention, de traitements et de visibilité autour de la séropositivité et du sida à Paris et à travers les médias français principalement. Nous sommes plongés au début du film en plein milieu d'un amphi de fac lors d'une réunion hebdomadaire de l'association, où sont échangées les idées pour décider ensemble des actions futures. La diversité de la population est intéressante. On y trouve des homosexuels majoritairement, mais aussi des toxicos, des travailleurs du sexe, des victimes du scandale du sang contaminé, et quelques hétéros sensible à la cause. La dynamique des échanges fonctionne et nous prend au corps très rapidement, surtout que la grosse scène qui suit est une intervention marquante de l'association. Nous vivons aussi en fil rouge la rencontre entre Sean, membre historique de l'association, et Nathan, nouvel entrant au début du film, rare membre séronégatif du groupe. Leur relation va évoluer au fil de l'état de santé de Sean, s’aggravant jusqu'au décès inévitable et un moment de recueil d'une justesse et d'une beauté saisissantes. Le film est triste mais très beau sur l'entraide et l'humanité que des gens considérés par certains comme des rebus de la société sont capables de mettre en œuvre pour offrir au plus grand nombre la force, l'espoir et une cause à défendre dans la diversité et avec une dignité étincelante. Bravo à ces pionniers et merci, ce film vous rend hommage.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=245592.html


jeudi 9 avril 2020

La Forme de l'Eau

Voici le vainqueur de l'Oscar du meilleur film 2018, ainsi que meilleur réalisateur, meilleurs décors et meilleure musique. C'est donc de manière un peu solennelle que j'ai regardé, presque par obligation, ce film. Guillermo del Torro oblige, l'univers est très particulier, très travaillé, étrange sans pour autant virer dans l'inquiétant (ce qui n'est pas toujours le cas pour le réalisateur mexicain), mais en tout cas envoutant, et il est tout à fait compréhensible que le film ait été récompensé pour ses décors, magnifiques. L'histoire est très simple, nous sommes en fait dans un conte moderne très facilement lisible, une sorte de Belle et la Bête avec une ambiance à la Amélie Poulain. C'est le coup de foudre entre deux être incompris retranscris avec beaucoup de douceur, de poésie, dans cette ode à l'amour et au romantisme qui se regarde avec beaucoup de plaisir. Les acteurs sont superbes et très justes, de la géniale Sally Hawkins au terrible Michael Shannon, sans oublier les seconds rôles tous très bons. Le dénouement final est aussi beau que le reste et clôt en beauté cette fable, qui reste en tête un bon moment après l'avoir vue.

MA NOTE : 3/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246009.html


mercredi 8 avril 2020

Baby Driver

Edgar Wright est le réalisateur britannique connu pour avoir réalisé les pépites avec le duo d'acteurs Simon Pegg / Nick Frost, dont le génial Shaun of the Dead. Il réalise ici ce que je pourrait décrire comme une sorte de Drive édulcoré moins abouti. Le personnage principal est incarné par un minot inconnu au bataillon dont le jeu d'acteur est correct, mais les seconds rôles comptent notamment Kevin Spacey, Jamie Foxx et Jon Hamm. J'en profite pour faire la transition vers le point faible majeur du film : le défaut de traitement des personnages secondaires qui n'existent que très peu et sont très caricaturaux. L'ambiance générale conférée par le film est très agréable, le rythme soutenu et l'amourette est franchement mignonne même s'il semble bien facile de se mettre Lily James dans la poche. La bande originale est riche et appuie cette atmosphère. Le happy ending qu'on voit venir casse un peu le potentiel du film qui est pour autant un joli moment de cinéma.

MA NOTE : 2/4

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=230453.html